Poulet à la bière 1

J’en ai marre…

J’ai conscience que ce blog risque de devenir un ramassis de mes pleurs et autres lamentations, un espace de mes considérations personnelles alors que je pourrais mettre à profit ma convalescence pour élever le débat, mais je n’y arrive pas. J’ai trop mal. J’ai trop d’angoisse sur ce qui m’arrive, trop de peurs sur l’état de mon squelette et sur l’inaction à laquelle il me confine.

On m’a encore découvert quelque chose d’handicapant, et j’avoue qu’au bout de presque 8 mois de douleurs et de médicaments, j’en ai marre. J’en viens même à me demander si se soigner n’est pas la meilleure façon d’ouvrir la boîte de Pandore. Plus j’avance dans le soin, plus se déclarent des problèmes et avec eux, un lot de souffrances non-stop et paralysantes.

Hier, au bout d’un mois après mon opération je me faisais une joie de pouvoir peut-être (je dis peut-être car tu vas voir…), de pouvoir peut-être rejoindre une soirée presse sur un produit qui serait particulièrement pratique et bien venu dans mon état. Je n’ai pas le droit à la voiture, ni à être assise. La chose se passe à Opéra, direct de chez moi en métro, ce n’est pas un dîner assis, donc je peux rester debout sans me faire remarquer, Jeff se propose de m’accompagner et de me raccompagner, histoire de m’écarter des indésirables bousculeurs et de surveiller si je ne vacille pas trop sur mes deux jambes encore mal assurées par un dos en capilotade.

L’après-midi, je suis allée chez le kiné qui m’a expliqué gentiment mais fermement que mes douleurs n’étaient pas dues à mon opération mais à un autre problème ossueux, et que cela, il ne peut le résoudre tant que le reste n’est pas soigné. C’est–à-dire que je dois rester ainsi tant que mes vertèbres et ce qui est autour, n’ont pas totalement cicatrisé. En gros : faut attendre et prendre son mal en patience –c’est fou ce que j’entends cela en ce moment autour de moi ! Surtout que les médocs ne soulagent pas les problèmes osseux, juste les muscles qui se tétanisent autour ! Je devrais me dire que c’est un moindre mal, amis non.

Nous avons donc fait deux stations. Je m’étais maquillée (chose que je n’ai pas fait de puis plus d’un mois). Je m’étais parfumée… Je m’étais apprêtée. Toute contente que le but de ma promenade ne soit pas juste le bout de la rue ou à la rigueur la libraire du centre-ville.
Nous avons fait deux stations.
Donc.
J’ai tenu deux malheureuses stations !
Au bout de deux stations, j’ai abandonné !!
Mon bassin était trop baguenaudé par les sursauts des rails. Et j’ai senti combien j’étais démunie devant l’action, devant mes désirs et devant mes promesses.
Et je t’avoue, j’ai pleuré.
J’ai appelé la personne qui devait m’accueillir, honteuse d’avoir préjugé de mes forces, honteuse de lui avoir promis de venir et de n’avoir pas pu tenir cette promesse. Honteuse et coupable de me dire que je suis maintenant une personne sur qui on ne peut pas compter.

Je suis rentrée en larmes, et j’ai pris un cachet et je me suis allongée et j’ai attendu… rien.

Voilà. Je te le dis comme je le ressens. J’ai peur de couler mon entreprise à force d’être absente, à force de ne pouvoir travailler correctement. J’ai peur qu’à force le client se dise, elle n’est plus bonne à rien. J’ai peur de ne servir plus du tout à rien. Cela fait un mois que Jeff se tape tout, ménage, courses, repassage, tec. Lui déjà pourtant partageur de tâches, ses week-ends ressemblent maintenant à un long trip de corvées. Et en plus, il relit mes posts car les médocs me mettent les esprits à l’envers, et la faute d’orthographe bien en exergue (pas celui-là par contre, je te l’écris ce matin, là juste maintenant). Il m’aide aussi un peu en cuisine, car je ne peux pas faire grand-chose : j’ai pu quand même préparer ce poulet à la bière, et il sera sûrement le bienvenu pour toi si tu es fatigué et sans temps, puisqu’il est d’une simplicité à faire pâlir mes envies de cuisine… Désir que je n’exprime plus que sur Pinterest en épinglant toutes les belles recettes et les belles photos que je ne peux même plus essayer de faire L -je ne te parle même pas de ma vie par procuration que je suis sur Instagram, je ne veux pas paraître trop pathétique. On me soupçonnerait de tourner un navet hollywoodien destiné à la 5ème zone télévisuelle de l’Amérique profonde.

Poulet à la bière 2

Poulet à la bière
Author: Panier de Saison
Prep time:
Cook time:
Total time:
Serves: 6
Ingredients
  • 1 poulet coupé en 6 ou 8 morceaux
  • 1 carotte
  • 1 oignon
  • 1 feuille de laurier
  • 2 gousses d’ail
  • 2 bières ambrées (j’ai pris 50cl de Jenlain Ambrée)
  • 2 cs de miel type de Bruyère, de Bourdaine ou d’Acacia)
  • ¼ de cc de 4 épices
  • 2 cs de moutarde ancienne
  • 1 cs d’huile d’olive
  • sel
  • poivre
  • Polenta crémeuse :
  • 100g de polenta
  • 2 fois et demi son volume en bouillon de volaille
  • 20g de parmesan râpé
  • 3 cs de crème fraîche épaisse (crue de préférence ou alors du mascarpone)
  • sel
  • poivre
Instructions
  1. Éplucher et couper en petits cubes la carotte, l’ail et l’oignon. Faire revenir le poulet dans l’huile d’olive. L’ôter de la casserole, dégraisser, remettre sur le feu la casserole et faire revenir la carotte et l’oignon. Ajouter le 4 épices, poser dessus le poulet, saler, poivrer, ajouter le miel, l’ail et le laurier. Bien mélanger le tout, couvrir de bière ambrée. Faire cuire à couvert ½ heure. Ajouter la moutarde, découvrir la casserole et laisser épaissir ½ heure à petit bouillon.
  2. Pour la polenta, porter à ébullition le bouillon avec la polenta. Baisser le feu et laisser la polenta cuire -15 minutes). Ajouter la crème et le parmesan. Saler si besoin.
  3. Servir la polenta en petit coussin sur lequel le poulet est posé, avec un peu de sauce.

 

 

 

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8 Commentaires

  • Tu n’es pas pathétique du tout!….ça sert aussi à ça le blog……je crois que j’aurais pleuré bien avant!….alors, on est avec toi de loin, et on t’encourage ainsi que jeff……

  • c’est normal et je pense que ça fait du bien d’écrire ce que l’on a sur le cœur. Garde le moral, c’est ce qu’il y a de plu précieux quand on est malade. Je t’embrasse. PS : as tu pris l’avis de plusieurs médecins, parfois c’est mieux …

  • Anne, je suis votre blog depuis des mois, j’adore vous lire tous les jours et j’admire votre ténacité, votre entrain et la passion que vous mettez dans ce si bel art qu’est la cuisine. Je poste pour la 1e fois un commentaire sur votre blog pour vous souhaiter plein de belles choses, je suis sûre que vous serez de nouveau en pleine forme, c’est obligé vous êtes une battante. Maintenant accrochez vous et surtout tenez bon!!!

  • Je t’adresse une fois encore tous mes vœux de bon rétablissement ….. Je comprends et je partage ta peur quant à l’avenir de ton entreprise car je travaille aussi en libéral. Mais je suis certaine que les personnes qui d’ordinaire te font travailler, savent bien que si tu pouvais faire autrement tu le ferais et qu’ils te montreront a nouveau leur confiance des que tu seras sur pieds.
    Bon courage