La charcuterie française : visite du leader du boudin Bahier

J’ai un attachement viscéral à la charcuterie française. Mon grand-père était boucher charcutier, et j’ai grandi avec un jambon blanc particulièrement goûtu, un pâté de campagne doux et fondant à s’en pâmer et un saucisson à l’ail dont j’ai grignoté les tranches comme des bonbons avant même d’avoir des dents! Alors, autant te dire que le sujet me passionne et que quand la FICT, l’association des Entreprises Françaises de Charcuterie Traiteur m’a demandé si je voulais visiter une de leurs entreprises adhérentes, j’ai sauté sur l’occasion, d’autant qu’il s’agissait de Bahier, le leader du boudin en France.

Idées recettes à base de charcuteries françaises
Parce que la charcuterie, ce ne sont pas que des sandwichs et des tartines, voici des idées recettes à base de charcuterie française : boudin aux pommes et au cresson, petites rondelles de boudin blanc au beurre et 4 épices, tartines de rillettes, salade de tête roulée aux kiwi et boudin créole à l’asiatique.

La charcuterie française, un riche patrimoine gastronomique.

On pourrait comparer le patrimoine gastronomique français de la charcuterie à celui des fromages, tant il y a de produits différents et de spécialités régionales. Il y a plus de 450 spécialités charcutières, des spécialités souvent non seulement ancestrales mais remontant à l’antiquité. Et si on pense qu’un produit charcutier est réalisé uniquement à partir de la viande de porc, on se trompe : la viande de veau, la volaille, le gibier, le lapin, et même l’agneau, entrent dans les préparations charcutières.

Voici un petit tour d’horizon des charcuteries les plus courantes à partir de porc, ces charcuteries qui égaient notre quotidien en entrée, en plat ou à emporter.

Ces produits charcutiers sont synonyme de convivialité : la planche apéritive connait un grand regain; de praticité : un sandwich jambon beurre ou plus élaboré est toujours le bienvenu quand on n’a pas le temps; d’émerveillement : la tendance des pâtés en croûte est ce plaisir d’avoir un chef d’œuvre sur la table. Tu peux retrouver une grande partie de ces produits dans ton supermarché, confectionnés avec des matières premières françaises et des recettes traditionnelles. Les entreprises de charcuteries, depuis des années, travaillent pour réaliser des produits savoureux, respectueux des recettes traditionnelles mais aussi innovants et elles s’associent pour faire évoluer ce monde qui peut paraître ancien alors qu’il déborde de créativité et de modernité.

Les produits charcutiers traditionnels à base de porc.

Les produits que je te décris ici sont les plus courants. Il sont élaborés à base de porc, mais souvent, selon les régions, on trouve leur équivalent avec d’autres viandes. En France, toutes les viandes peuvent devenir un produit charcutier. Mais c’est vrai que le porc est l’animal roi de cette artisanat. L’adage dit “Tout est bon dans le cochon”, et en effet, la charcuterie utilise toutes les parties du porc :

Quelques produits de charcuterie française de Bahier
Boudins, tête roulée, rillettes, voici quelques uns de mes produits préférés de chez Bahier
  • Le boudin : le boudin noir est un produit à base de sang et de graisse de porc, le tout enveloppé d’un boyau de porc ou de bœuf.
    • Le boudin noir à l’ancienne est assaisonné de sel, de poivre, de 4 épices, et peut être aromatisé à l’oignon, à la crème ou la pomme.
    • Le boudin noir antillais est une variante plus petite que le boudin noir à l’ancienne. Il est également plus maigre, le gras de porc étant remplacé par de la viande et du pain. Il est fortement condimenté et très épicé.
    • Le boudin blanc est un produit à part dans la catégorie des boudins. Il ne se prépare pas avec du sang de porc et serait plus à classer dans la catégorie des saucisses que des boudins, s’il n’en avait pas la forme et ne contenait pas du lait. Il est composé de viande de porc, de panne (la graisse des rognons), de lait et de condiments. Certaines recettes contiennent des œufs comme le boudin blanc de Rethel IGP. Il est très doux en bouche et on le trouve, au moment des fêtes, assaisonné aux truffes, au porto ou aux cèpes.
  • Les produits de tête : Les produits de tête sont, comme l’indique l’appellation, les recettes à base de viande de la tête de porc. Il s’agit de terrines pressées prises en gelée de forme rectangulaire ou cylindrique. J’apprécie beaucoup ces produits, qui sont tombés un peu en désuétude un moment, car ils sont très goûteux et plutôt maigres.
    • Le fromage de tête est une tête cuite dont on a coupé la viande en cubes et recuit en terrine avec une gelée au persil. Le mot “fromage” ne réfère pas à un produit laitier mais à une “forme” que l’on donne au produit, les fromages laitiers étant aussi appelés à l’origine “formages” à partir de “forma”, la “forme” et non fromages (on appelle cela une métathèse en linguistique, le déplacement d’une lettre, le R, par relâchement linguistique – c’était ma minute Maître Dico 😉).
    • La tête roulée est fabriquée sur le même principe que le fromage de tête mais est roulée dans une barde. On la sert en tranches fines et non en tranche épaisse.
    • La langue de porc est une langue cuite et prise en gelée.
  • Les andouillettes et les andouilles :
    • L’andouille : l’andouille est fabriquée à partir de chaudin (gros intestin), de menus (intestin grêle) et de tripes (estomac). Le tout est assemblé et passé au fumoir. Les célèbres andouilles de Vire et Guémené sont exclusivement réalisées à base de chaudin. Pour se souvenir de celle qui est en cercles et celle qui est en morceaux, j’utilise la phrase : l’andouille de Vire ne vire pas (ne tourne pas). Elle est donc faite à partir de morceaux, alors que celle de Guéméné est montée en enfilant les boyaux les uns par dessus les autres et forme donc une tranche aux rayons concentriques.
    • L’andouillette : l’andouillette est fabriquée à partir des boyaux les plus fins de porc. L’andouillette type “de Troyes” est l’andouillette fabriquée à base de porc, l’andouillette type “Lyonnaise” est fabriquée à base de fraise de veau (l’estomac).
      • Le Label Rouge Andouillette Supérieur Pur Porc existe depuis 2016 et désigne une andouillette de type Troyes à base de produits de porc Label Rouge.
      • L’estampille AAAAA est une andouillette type Troyes distinguée par l’Association Amicale des Amateurs d’Andouillettes Authentiques créée en 1960.
  • Les saucisses et les saucissons :
    • Le saucisson sec est un produit composé de 2/3 de viande et de 1/3 de gras, embossé dans un boyau, salé et séché.
    • Le saucisson à l’ail est un saucisson assaisonné de blanc d’œufs, d’épices, d’ail haché et cuit avant d’être fumé ou non. C’était mon saucisson préféré quand j’étais petite.
    • Les saucisses sont extrêmement nombreuses, mais on distingue les saucisses hachées gros comme la saucisse de Morteau, la saucisse de Toulouse ou la saucisse de Montbéliard, et les saucisses hachées menu, comme les chipolatas, les knacks alsaciens ou saucisses de Strasbourg ou de Francfort, les diots ou encore le cervelas lyonnais. Toutes ces saucisses sont à cuire.
  • Les pâtés : j’ai un souvenir ému du pâté de campagne de mon grand-père. Il était à la fois doux et parfumé.
    • Les pâtés sont soit hachés fins (mousses et pâtés de foie) ou hachés gros ou mixte (pâtés de campagne, pâté ardennais). Ils sont assaisonnés selon les recettes, de champignons, d’alcools, de tous les condiments possibles. Les pâtés et les terrines peuvent mêler les viandes (volailles, veau, lapin, gibier etc. ) et ils sont pris en gelée, entourée d’une barde blanche ou non.
    • Les ballotine ou la galantine sont des terrines de viandes coupées en longueur tenues par un hachis fin et cuit en forme ronde ou rectangulaire. Elles sont entourées de barde ou d’une fine tranche de viande et de crépine.
  • La graisse, les rillettes et les rillons : la tradition de confire des morceaux de viande dans la graisse remonte au Moyen-Âge. La graisse de porc, ou saindoux, est utilisé en cuisine et en charcuterie depuis la nuit des temps. Mais aujourd’hui, on le retrouve dans deux types de charcuterie :
    • Les rillons sont de grosses sections de viande de lard de porc avec la graisse, la couenne et de la viande. Ils sont confits à feu doux dans le saindoux. Ils prennent selon les régions, des noms locaux, comme les rillauds dans mon Anjou.
    • Les rillettes : Les rillettes du Mans sont des cubes de viande cuits en 5 h. Il reste souvent des morceaux au milieu. Les rillettes de Tours IGP sont des lanières de viande cuits en 4 h. Elles sont plus fibreuses et plus caramélisées car elles sont cuites à feu vif.
Une ancienne marmite à rillettes (Musée Bahier)
Une ancienne marmite à rillettes (Musée Bahier)
  • Les salaisons et les fumaisons :
    • Le jambon cuit dit jambon blanc, alors qu’il est rose, est constitué de l’arrière train du cochon qui est désossé et découpé avant d’être injecté d’une saumure aromatique (bouillon refroidi + sel). Une fois saumuré pendant 20h, ils sont moulés et cuits au four à basse température. Certains jambons sont cuits avec os. Le Jambon d’York est le jambon blanc commun de forme ronde. Le Jambon de Paris est carré, constitué uniquement de la cuisse du porc et il est cuit dans un bouillon. Enfin, le jambon au torchon est moulé dans un torchon et cuit en bouillon.
    • Les salaisons sèches représentent les jambons crus séchés comme les IGP de Bayonne, d’Auvergne, des Ardennes ou les AOP Porc noir de Bigorre et Kintoa basque.
    • Les produits fumés peuvent être des saucisses et des saucissons comme on l’a vu plus haut, de l’andouille, mais aussi du jambon :
      • Les jambon fumé d’Alsace, le Prisuttu AOP de Corse et le jambon de Normandie sont des jambons crus, à salaison sèche et fumés.
      • Le jambon de Prague est un jambon blanc, cuit et fumé.
  • Les tripes : constituées d’estomac coupé en morceaux et cuit dans un bouillon gélatineux, elles se présentent sous forme d’un parallélépipède que l’on coupe en tranche ou en bocaux. Les tripous et les pieds-et-paquets sont issus de viande de mouton ou de veau.
  • La charcuterie pâtissière : Le pâté en croûte revient en force, tout comme le Coussin de la Belle Aurore. La charcuterie pâtissière est le monde de la créativité et de la tradition. Quiche Lorraine, Ficelle Picarde, Croque-Monsieur, Saucisson Brioché Lyonnais, tous ces produits font partie de la charcuterie pâtissière, qui allie viandes de salaisons et pâtes feuilletées, brisées ou briochées.

Chacune de ces recettes connaît des variantes et des noms selon les régions. D’autres viandes peuvent être utilisées pour certaines, comme les pâtés, ou les rillons qui en prenant le nom de grattons, deviennent des morceaux de canard confit. C’est ce patrimoine que défend et promeut la FICT.

L’histoire de la Fédération des Charcutiers Traiteurs, la FICT.

Pour défendre ce patrimoine culinaire et gastronomique riche, une association de charcutier a vu le jour en 1924, sous le nom de la Fédération des Chambres Syndicales des Fabricants de Salaisons, Saucissons, Conserves de viandes et Charcuterie en gros de France. Elle promeut les produits charcutiers, les savoir-faire, et les charcutiers étant souvent également traiteurs, les produits traiteurs.

En 1990, la fédération devient la FICT, Fédérations des Industries Charcutières, puis en 1999, la FICT, Fédération Française des Industriels Charcutiers, traiteurs, transformateurs de viandes. En 2020, regroupant près de 300 entreprises, la FICT renouvelle son identité et devient Les Entreprises Françaises de Charcuterie Traiteur. Elle représente 30 000 emplois directs, 135 000 emplois indirects. La FICT regroupe des acteurs de toutes tailles, aussi bien les petites entreprises que les grandes. Mais 90% des entreprises qui composent la FICT sont des PME.

Le boudin blanc chez Bahier
Dans l’entreprise Bahier : c’est une industrie qui demande beaucoup de main d’œuvre car les produits sont fragiles et nécessitent de la délicatesse.

La FICT, en plus de promouvoir la charcuterie française, pratique la démarche RSE, c’est-à-dire que les entreprises de cette association s’impliquent en matière d’environnement, d’enjeux sociétaux, économiques et éthiques.

On se rend compte des impactes des actions de cette association en visitant l’une de ces entreprises. Bahier m’a ouvert ses portes sans aucune réticence. J’ai pu traverser les ateliers et constater combien leur métier n’était finalement pas très différent, à part la taille, du métier de mon grand-père. J’ai retrouvé des sensations, des odeurs de mon enfance. J’ai aussi, en goûtant les produits, retrouver ce que je cherche dans des produits charcutiers bien faits, c’est-à-dire, de la saveur et du plaisir auquel l’équilibre alimentaire et la qualité des matières premières ne sont pas étrangers.

Bahier, le leader mansois du boudin en France.

L'usine Bahier, leader du boudin en charcuterie française
Bahier vu du ciel : on distingue le parking couvert de panneaux solaires, les différents bâtiments ainsi que le village de Sceaux/Huisne.

Quand tu gares ta voiture chez Bahier, tu pénètres sous un immense auvent pare-soleil de 4500m2 très impressionnant car entièrement couvert de panneaux photovoltaïques. Tu sors de la voiture et tu entends alors le bourdonnement des abeilles des 19 ruches qui le bordent, entre une belle ligne d’arbres et une haie bocagère récemment replantée. Le site est assez grand, couvrant 3 hectares, il est parsemé de plusieurs bâtiments qui ont été pensés pour rationnaliser et économiser l’énergie. Cela te donne le ton de ces entreprises qui sont pleinement conscientes des enjeux environnementaux et économiques de notre siècle compliqué.

Habillée comme une collaboratrice : pantalon blanc, bottes blanches, vareuse aux couleurs de Bahier, charlotte, masque, bouchons d’oreilles, j’ai assisté à l’élaboration des boudins blancs et noirs de A à Z. J’ai également appris une histoire comme je les aime, celle d’une petite charcuterie qui s’est développée sans renier ses origines et ses recettes, et en regardant résolument vers un avenir résilient.

L’histoire de l’entreprise Bahier.

Odette et Maurice Bahier étaient bouchers-charcutiers à Sceaux/Huisne (Sarthe) depuis 1948, spécialisés dans ce qui fait l’une des richesses gastronomiques de la Sarthe, les rillettes. Leur fils Régis, avec son épouse Betty, reprennent la boucherie/charcuterie familiale en 1966. En 1972, ils s’installent à la sortie du bourg du village et crée La Société des Rillettes Bahier et nom qu’elle gardera jusqu’en 2018 ! La rillette, en Sarthe, c’est une institution qu’il est difficile de lâcher, même si on devient peu-à-peu le leader du boudin.

La société Rillettes Bahier ouvre sa première usine de 50 personnes en 1972. L’entreprise s’agrandit dans les années 80 pour intégrer des unités de production de boudins et de produits de tête. Elle rachète également une entreprise d’appertisation (bocaux et conserves) et une entreprise spécialisée en rillettes, les Rillettes du Val de l’Huisne.

Aujourd’hui, l’entreprise Bahier regroupe 450 collaborateurs, sur un site de près de 3 hectares pour une production de 17 000 tonnes de produits par an, tout en cultivant l’excellence avec les marques de qualités Agriculture Biologique, Porc Français, Volaille Française, Label Rouge et Bleu Blanc Cœur.

Les produits Bahier.

Des produits au plus proche du naturel.

Nous avons été accueillies par Thierry Paris, le Responsable R&D chez Bahier. Passionné par son métier, il nous a fait découvrir les produits de tête, les rillettes et les boudins Bahier. Que ce soit les produits dits “standards” ou les produits premium, j’ai été agréablement surprise de la qualité et du respect des recettes traditionnelles charcutières. On est souvent très proche de ce que faisait mon grand-père dans sa boutique, avec les mêmes techniques et les mêmes gestes. Tu as bien entendu la dimension industrielle avec la mécanisation, dont ces impressionnants Bumble Bee en conditionnement, les cutter pour les hachages et les mélanges, mais beaucoup d’opérations sont encore faites à la main, et parfois dans des conditions difficiles de chaleur et d’humidité, une grande partie de la charcuterie se cuisant en bouillons ou à la vapeur.

Les produits Bahier que j’ai appréciés.

J’ai dégusté plusieurs produits Bahier, et voici ceux que j’ai préférés :

Thierry Paris, responsable R&D chez Bahier
Thierry Paris, Responsable R&D chez Bahier. Il est chargé, entre autres, de revoir les recettes des produits pour aller vers une naturalité totale, en ôtant par exemple les nitrites.
  • Le boudin noir à l’ancienne : j’ai eu l’impression de retomber en enfance, chez mon grand-père. Le boudin noir est doux, peu gras, et les oignons restent légèrement al dente, ce qui donne une belle mâche. C’est un boudin au grain fin, fondant, dont le boyau naturel devient croustillant si on le grille ou on le passe à la poêle. Je l’ai cuisiné aussi en tourte avec des oignons confits et du fromage coulant, un délice!
  • Le fromage de tête : dé-li-cieux! C’est un produit que je n’achète que rarement et seulement chez les meilleurs charcutier artisanaux, et franchement, j’ai été conquise par le fromage de tête de Bahier. Il est composé de viande maigre de tête, du masque de tête, d’oignons, de persil, de cornichons et de bouillon de cuisson. Le fromage de tête Bahier est ferme et fondant, et il peut se découper en cubes. Il a une bonne saveur fraîche de persil et de petits morceaux de cornichons donnent un supplément de mâche. A déguster tel quel à l’apéritif, ou en cubes dans une salade.
  • Les rillettes à l’ancienne Label Rouge : elles sont fondantes et riches en viande. Assez peu grasse pour ce type de produit. Je les aime simplement sur du pain grillé encore chaud, accompagnées de cornichons aigre-doux. 😋

Comment fabrique-t-on le boudin blanc?

Notre première expérience de fabrication a été celle du boudin blanc. Tous les boudins, blancs ou noirs, sont réalisés en boyaux naturels. La matière première provient de porc régional, et les recettes, comme je te le disais plus haut, sont le plus proche possible du savoir-faire charcutier.

La fabrication du boudin blanc chez Bahier
La fabrication du boudin blanc chez Bahier : Mickaël Barentin verse le lait dans le cutter où sont mélangées les viandes.

Les produits qui sont utilisés sont au maximum frais. Le boudin blanc se décline chez Bahier en boudin standard et boudin premium. C’est Mickaël BARENTIN, l’opérateur du jour, qui nous a montré les étapes de la fabrication du boudin blanc. Pour l’occasion, il a bien voulu ouvrir le couvercle du cutter pour que nous puissions voir ce qu’il se passait dans la cuve.

Le boudin blanc haut de gamme calque parfaitement ce que peut faire un artisan :

  • La viande et le gras sont hachés séparément.
  • La viande et le gras sont passés dans un cutter pour former une liaison avec un grain fin.
  • L’opérateur ajoute peu à peu le lait frais, les oeufs et les assaisonnements.
  • Le tout est cutteré jusqu’à former une émulsion.
  • Ensuite, la pâte est embossée dans des boyaux naturels.
  • Les boudins ainsi formés sont cuits à 80°C.
  • Les boudins une fois refroidis sont emballés sous skin, c’est-à-dire sous-vide dont la membrane est au contact du produit pour une préservation totale.

Il existe deux qualités de boudin : le boudin haut de gamme et le boudin standard, mais tous sont préparés avec le plus de produits frais possibles. La différence entre le boudin blanc standard et le boudin blanc haut de gamme tient à l’ajout, pour le standard, de caséinate, une protéine de lait, car ils ne contiennent pas d’oeufs.

La composition du boudin blanc : le boudin blanc à l’ancienne est composé de viande maigre, de gorge et de gras de porc, d’oeufs, de crème fraîche, de lait et d’épices.

Bahier, l’innovation alimentaire.

Il y a quelques dizaines d’années, l’innovation des entreprises charcutières portait sur le format attractif des produits : produits apéritifs (mini boudins, min saucissons), produits à la coupe pratiques à consommer (jambon en tranches, avec des intercalaires, jambon en chiffonnade) ou à cuisiner (fines tranches de bacon ou de poitrine, voire des pétales de jambon). Les enjeux ont changé et la FICT porte son attention sur d’autres valeurs.

Depuis quelques années, l’innovation se concentre sur la naturalité des recettes, la sécurité alimentaire et le profil nutritionnel des produits, l’approvisionnement des matières premières et la conjugalité parfois contradictoires de contraintes de l’ultra sécurité à des savoir-faire artisanaux. Bahier est totalement impliqué dans ces démarches. Ce sont des semaines de recherche et développement, des mois d’essais (et j’en sais quelque chose, moi dont l’un des métiers est de conseiller les R&D).

Les abeilles autour de l'entreprise Bahier : un apiculteur a installé ainsi une 10 aine de ruches.
Les abeilles autour de l’entreprise Bahier : un apiculteur a ainsi pu installer une 10 aine de ruches.

Les gros points d’achoppement en charcuterie sont le bien-être animal, le sel et les conservateurs comme le sel nitrité. Travailler dans le sens d’une démarche RSE comme je t’en parlais plus haut, c’est beaucoup se compliquer la vie mais aussi être très fier du résultat quand on y arrive.

  • Les Entreprises Françaises de Charcuterie Traiteur ont baissé le taux de sel de 16 à 7% en moyenne depuis 2007. Aujourd’hui, un boudin noir de Bahier, prenant en compte le sel que l’on utilise comme anti-coagulants dans le boudin noir, ne présente plus qu’un taux de sel de 15% contre 25% avant.
  • De la même façon, la charcuterie française baisse de 40% l’utilisation des sels nitrités, et les fait totalement disparaître de nombreuses recettes dès que la sécurité alimentaire le permet grâce à une alternative. Chez Bahier, les produits de têtes, ultra fragiles hygiéniquement en conserve mais les produits comme le boudin, le rôti de porc cuit et les rillettes n’en contiennent plus.
  • Le gras c’est le goût, dit-on : mais point trop n’en faut! Les entreprises de la FICT ont fait baisser de 30% le taux de matière grasse de leurs produits. J’ai pu apprécié la saveur de boudins à la chair fine et non grasse chez Bahier, des rillettes riche en viande, des tranches de filer mignon qui restent maigres.
  • La naturalité des produits passe aussi par une recherche du meilleur de la tradition : jusqu’à maintenant le filet mignon et le bacon fumé à chaud l’étaient avec des copeaux. Aujourd’hui, Bahier passe à la fumaison aux bûche de hêtre. Le boudin blanc aux cèpes cuit et infuse pendant une nuit dans le jus de marinade des cèpes pour plus de saveur sans arômes ajoutés. Le boudin blanc truffé ne reçoit pas non plus d’arôme truffe (si artificiel je trouve, qu’en plus d’être un produit artificiel, il emporte la saveur de toute la recette). Les procédés sont plus longs mais plus naturels et surtout plus savoureux. Comme tu l’as vu, le boudin noir est sans anti-coagulant, sans conservateur, sans arômes, bichonné tout au long de sa chaîne de fabrication.
  • Quant au bien être animal, la proximité des approvisionnements sont le gage d’une traçabilité. Les entreprises de l’association développent des contrats avec les éleveurs pour s’assurer d’une qualité d’élevage avec des acteurs engagés. Bahier travail le Porc Cénomans (un porc fermier Label Rouge originaire de la Sarthe), le porc français Label Rouge et le porc Bleu Blanc Coeur.
  • Enfin, parce que je trouve souvent qu’on n’en parle pas assez dans les articles, les entreprises de la FICT sont très concernées par le bien-être des salariés. Les métiers de bouche en général et de la charcuterie en particulier sont des métiers durs physiquement. Les gestes sont répétitifs, les poids à soulever sont souvent lourds, l’environnement est parfois extrême : très froid, ou très chaud, humide souvent. Bahier accompagne ses salariés pour prévenir les TMS (Troubles Musculo-squelettiques) et réduire la pénibilité aux postes de travail. La formation est aussi indispensable au bien-être humain, il est facteur d’épanouissement, permet l’évolution et le changement de poste. L’ancienneté moyenne des entreprises de la FICT est de 10 ans. Peu de turn over quand on est bien dans son travail.🤷‍♀️
Le taux d'humidité et de chaleur dans l'atelier des boudins noirs chez Bahier.
Le taux d’humidité de l’atelier boudin noir chez Bahier.

Anecdote : j’ai été abordée pendant ma visite à l’atelier d’embossage des boudins noirs par une salariée de Bahier très bientôt en retraite. Cette dame était hyper fière d’avoir travaillé dans cette entreprise plus de 35 ans ! On la sentait aussi très émue de sa proche retraite.

Les emballages qu’utilise Bahier.

Cela peut te paraître étrange que je parle d’emballage, mais c’est important dans la démarche environnementale des entreprises FICT et Bahier s’est engagé à les réduire et à aider à leur recyclage par le consommateur. Ainsi l’entreprise recycle de son côté tous les emballages, carton, bois qu’ils peuvent. Mais ils ont également mis en place des emballages produits facilement recyclables par nous, qui consommons leurs produits.

Contrôle des boudins Bahier avant l'emballage au scanner et détecteur de métaux
Avant d’être emballés, les boudins passent au détecteur de métaux et au scanner !

La lutte contre le gaspillage alimentaire par la FICT et Bahier.

Parmi les préoccupations de Bahier figure également la lutte contre le gaspillage alimentaire. donne ne partie de ses invendus aux banques alimentaires (une partie car les produits doivent avoir une date de consommation suffisamment longue). Ils ont pensé leurs emballages également pour limiter le gaspillage alimentaire, notamment leurs emballages sous skin, qui est une membrane sous vide déposée au contact du produit. Quand on enlève la membrane, le produit se conserve moins bien et en plus, on ré-emballe le produit à la maison. Pour les petits foyers, ils ont donc rendu les barquettes de 2 boudins sécables. Si tu n’as besoin que d’un seul boudin, le deuxième non consommé gardera la même durée de conservation que le produit acheté. Cela permet également de congeler les produits facilement (ce que je fais quand il m’en reste un alors que l’on est 3 à la maison).

Astuce 😉 : consomme d’abord le boudin sur lequel la date limite de consommation n’est pas inscrite, comme cela, tu sauras toujours jusqu’à quand se conserve le boudin que tu as remis au réfrigérateur.

De quoi se rendre compte du parcours accompli et retourner bien vite à table, en déguster les fruits.

Mes recettes avec les produits de charcuterie française Bahier :

Je me suis “éclatée” à cuisiner de la charcuterie au retour de visite, avec mon panier gourmand. Voici trois recettes faciles et originales, pour twister la charcuterie :

Tourte de boudin noir aux oignons caramélisés et au fromage coulant
Même ceux qui n'aiment pas a priori le boudin noir vont adoré cette recette!
La recette
Recette de tourte au boudin noir, fromage coulant et oignons caramélisés
Boudin antillais à l’asiatique aux kaki et piment.
Recette fraîche, facile et originale.
La recette
Boudin antillais à l'asiatique, au kaki
Salade de fromage de tête au kiwi et grenade
Une autre manière de manger de la charcuterie française traditionnelle
La recette
Salade de fromage de tête ou tête roulée au kiwi et à la grenade

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