94 posts categorized "Plats Complets"

03 février 2012

Cannelloni de saumon

Quand j'étais enfant, ma grand-mère préparait souvent des cannellonis. Elle avait une façon très particulière de les faire : elle faisait des crêpes ! Cela ne m'étonnait pas jusqu'au jour où j'ai goûté des cannellonis dans un restaurant italien. Je fus beaucoup déçu. J'ai appris bien plus tard que c'était une façon de procéder aussi en Italie de faire des crêpes au lieu de la pâte fraîche habituelle. C'est chez Silvia que je l'ai découvert : cela s'appelle des cannelloni de crespelle.

Je me souviens de l'odeur des crêpes légèrement sucrée qui se dégageait de la cuisine, en même temps que celle de la préparation à la viande… Et elle nappait le tout d'une sauce tomate onctueuse et gourmande. Hmmm. C'était un régal.

Mais elle y passait la journée à préparer tout cela. Ici, la recette est beaucoup plus rapide ! Heureusement, et elle est parfaite pour faire manger du poisson à ceux qui sont un peu réticents. Suivez mon regard.

CANNELLONI DE SAUMON

Pour 6 personnes

1 chou frisé
3 filets de saumon sans peau
2 oignons
2 cc de miel d'arbouse ou de sirop d'érable
1 cc d'aneth en graines
sel
poivre
huile d'olive

Laver et ôter les premières feuilles du chou. Détacher délicatement les feuilles du chou pour en obtenir 18. Porter à ébullition une très grande casserole d'eau salée. Plonger les feuilles et les laisser blanchir 5 minutes. Les rafraichir sous l'eau glacée. Les sécher avec du papier absorbant. Couper la partie dure de la tige en triangle pour l'enlever mais en laissant la feuille entière.

Eplucher, couper en deux et émincer finement les oignons. Dans une petite casserole, les faire fondre doucement à couvert avec le miel (ou le sirop), un peu de sel et les graines d'aneth. Quand ils sont cuits, laisser refroidir.

Couper les filets en tronçons afin d'obtenir 18 morceaux égaux. Huiler légèrement un plat à gratin.

Poser à plat une feuille de chou, déposer un tronçon de saumon, un peu d'oignon confit, rouler le tout comme un nem en commençant par rouler la feuille, puis rabattre au milieu les côtés pour finir de rouler la feuille sur elle-même.

Déposer le cannelloni dans le plat, bordure en-dessous pour qu'il ne s'ouvre pas. Procéder pour tous les cannelloni de la même façon, bien les serrer dans le plat. Saler, poivrer, huiler légèrement.

Passer au four 200°c, 25 minutes.

Servir chaud.

30 janvier 2012

Tartine de rattes au reblochon et au carvi

C'est une recette de rugbyman, une recette d 'hommes, une recette de ventre qui n'a pas peur de ses limites… Une recette de gourmandise pour tous ceux qui pensent que le gras c'est le goût.

Je plaisante, mais c'est une sorte de raclette à l'envers, ou bien une régalade pour Arno, qui le soir où il a goûté seul (j'étais de sortie) ce petit mille-feuille, m'a dit en sms : c'est super bon…


La recette sort de ce livre de Philipe Boe

A la maison, on est rugby, pas foot. En fait, les règles du foot m'ennuient, et Arno venant de Catalogne (Perpignan), le Sang et Or est sa religion et elle a un accent occitan, pas picard...
Les premières années, il m'achetait même le calendrier DDS. Puis, cette manie est tombée en désuétude. C'est dommage, j'aimais bien, moi, avoir de belles images… Rires…
Je l'accrochais dans la cuisine ! Un peu mes pin-up à moi… Mais il est vrai que le calendrier est devenu une véritable machine, et non plus une provocation de bon aloi. Le rire s'en est allé, et la chair est devenue triste. Arno a arrêté de me l'offrir à Noël.

Ce que j'aime dans le rugby, ce sont les ruptures de rythme et les pauses : le jeu n'est pas toujours sur la même cadence, il y a des temps morts, des moments de latence, un peu comme des contretemps musicaux. J'avais beaucoup apprécié le baseball quand j'étais fille au pair aux Etats-Unis. Et j'allais volontiers au Yankees Stadium. C'est un jeu avec les mêmes habitudes. Le spectacle n'est pas continu, il s'entrecoupe de silences. Cela me paraît plus diversifié, plus intéressant (ce n'est que mon opinion, remarquez !).

Un peu comme un mille-feuilles : il y a la crème et des coupes de croustillance. Quand on plonge sa cuillère, elle retrouve les résistances de la pâte alors qu'elle a fondu sans problème dans la crème. Il y a alternance. Parce qu'en cuisine, comme en sport, c'est bien le contraste qui est intéressant, non ?

TARTINE DE RATTES ET REBLOCHON AU CARVI

Pour 4 personnes

500g de rattes cuites à l'eau
10cl de lait chaud
noix de muscade
2 gros oignons
1 cc de graisse d'oie
250g de lard fumé
1 reblochon fermier
1 cc de carvi en graines
1 cc de sucre roux
fleur de sel
poivre noir du moulin

Eplucher les pommes de terre, les écraser avec une fourchette en ajoutant petit à petit le lait chaud. Saler, muscader. La consistance de la purée doit être solide et il doit rester quelques petits morceaux.

Eplucher les oignons et les couper en deux. Les émincer en demi-rondelles fines. Les faire suer tout doucement dans une casserole pas trop grande avec la graisse d'oie. Saupoudrer de sucre roux, saler, poivrer, ajouter la moitié des graines de carvi, laisser cuire tout doucement à couvert dans leur propre eau de végétation. Si jamais, ajouter une ou deux cuillérée à soupe d'eau. Mais pas plus.

Couper le lard en tranches assez fines mais pas trop (2 mm d'épaisseur). Les poser sur un papier sulfurisé et les faire griller sous le grill.

Au moment de servir, étaler dans les assiettes, une couche de purée de 1 cm (je m'aide d'un emporte-pièce rectangulaire pour faire une jolie forme, mais vous pouvez faire un rond. Répartir le confit d'oignon dessus, puis le lard. Couper des tranches de reblochon et passer une nouvelle fois le tout sous le grill, juste le temps que le reblochon commence à fondre.

Servir saupoudrer de quelques graines de carvi. Une salade de roquette fera très bien l'affaire…

27 janvier 2012

Carbonara de poireaux, un dîner chez Thoumieux, côté Brasserie

Je connais Thoumieux depuis l'enfance : cette brasserie de la rue St Dominique était un des fleurons de notre répertoire gastronomique dans la famille. Mais comme beaucoup d'institutions, le lieu avait décliné, et déjà, il y a quelques années, après y être retournée avec Arno pour lui faire découvrir mes institutions de gourmandises, j'avais été déçue. Bien entendu, je retrouvai le chat sur les banquettes, le ballet des serveurs, le rouge du velours. Mais l'esprit n'y était plus, l'esprit brasserie non plus, et les denrées étaient devenues piètres. Peut-être me direz-vous que je m'en faisais une image idéalisée telle que la réalité ne collait plus à mes espérances ? J'aurais pu le croire un moment.


La rue Saint-Dominique de nuit

C'était sans compter la reprise en main du lieu par Jean-François Piège (allez voir le nouveau site internet du lieu, il est magnifique et vient tout juste de sortir !). Invitée à séjourner une nuit et deux repas dans son antre (un grand merci à l'agence Lisa Kajita!) , nous avons commencé par la brasserie et j'avoue que j'ai là, retrouvé non seulement la magie que j'espérais, mais que la cuisine a bien surpassé mon image d'Epinal.


Un décor chaleureux et très esprit brasserie, revisité

Comment fonctionne ce lieu étrange qui rassemble au rez-de-chaussée une brasserie dans la pure tradition, et un restaurant gastronomique à l'étage ? Eh bien, d'excellents seconds en bas, une carte soigneusement élaborée par Jean-François Piège, récemment rejoint par le jeune pâtissier Jeffrey Cagnes (ah… son mille-feuille léger, point trop sucré, et si parfumé) et un Top Chef qui n'arrête pas de faire des allers-retours dans les escaliers pour visiter ses deux cuisines, s'assurer que tout roule et que tout ce qui sort au passe reste dans l'esprit de son exigence.


une salle aérée, conviviale, avec des sortes de ponctuations de mise en place

Du coup, on mange divinement bien à cette brasserie, et j'en veux pour preuve ce plat fondant et délicat que sont les Calmars Sauvages à la Carbonara qu'Arno a pris en entrée : un bonheur ! Les calmars sont cuits « De Peur », j'adore cette expression ! ce qui signifie qu'ils sont passés au four très chaud et juste saisis, comme s'ils avaient peur : dès que leur surface blanchit, vite, on les retire !


Ah les rillettes, ah le pain...

Mais bien avant de pouvoir goûter aux plats, une terrible tentation, voire deux arrivent sur la table : un pain délicieux, croustillant, et savoureux, accompagnée de beurre cru et de rillettes de sardines remises dans leur boîte… On reste dans une brasserie, mais une brasserie +++, qui s'est attachée les meilleurs produits.


La fameuse carbonara de calmars sauvages

Je ne sais pas vous, mais j'aime beaucoup me retrouver dans le brouhaha d'une brasserie. C'est une ambiance particulière où tout s'observe et où tout se croise. La Brasserie Thoumieux est de ce type : on y croise toutes sortes de personnes : deux américaines venues goûter une belle pièce de bœuf, un groupe d'amis fêtant une victoire, un couple isolé dans leur réciproque affection, des rendez-vous de travail, l'éternel team building d'un séminaire…

A ce propos, si comme moi, vous aimez observer et que vous êtes deux : la meilleure table pour cela, c'est celle qui fait le coin de banquette au fond à droite de la salle. A réserver impérativement, si vous voulez avoir la chance d'y passer la soirée. Sinon, laissez-vous bercer par un service adorable, attentif, souriant mais jamais compassé ou commercial (ce qui est super agréable !). Le conseil en vins est très bien dirigé, et la vaisselle est là pour vous rappeler qu'on est dans une maison qui se targue à très juste raison d'une signature !


L'emblème Thoumieux jusque dans les détails

A la maison, point de calamars, mais des poireaux, mais l'idée m'a tellement plus, que je me suis mise à la décliner … On retrouve d'ailleurs la recette de ces calmars et d'autres classiques du Chef dans le livre qu'il a sorti aux Editions Alain Ducasse :


Le livre de JF Piège où se trouve l'essentiel de ses recettes

PS : rassurez-vous, Jean-François Piège, qui n'a pas gardé le chat pour des raisons évidentes, l'a transmis à un vieil habitué de la maison, un sénateur mélomane et amoureux des chats !!!

CARBONARA DE POIREAUX FACON JF PIEGE

Pour 4 personnes

4 beaux poireaux avec un grand blanc
200g de lard fumé
1cc de paprika doux
60cl de crème liquide
3 gousses d'ail
sel, poivre noir du moulin
option : parmesan

Laver et couper les blancs de poireaux en lanières de 12cm de longueur. Les cuire à la vapeur 10 minutes (ils doivent rester vert). Les rafraîchir aussitôt pour fixer le vert.

Préparer la crème : découenné le lard, couper cette couenne en tronçons et la faire revenir avec le paprika dans une petite casserole. Ajouter l'ail en chemise juste écrasé, mouiller de crème et laisser épaissir à petits bouillons. Eteindre et laisser infuser. Rectifier l'assaisonnement en sel si besoin.

Couper le lard en petits lardons tout fins, les faire revenir sans graisse dans une poêle jusqu'à ce qu'ils soient blonds.

Mélanger les poireaux et la crème, réchauffer le tout doucement. Parsemer de lardons rôtis, assaisonner abondamment de poivre noir du moulin.


Le fameux escalier qu'arpente JF Piège plusieurs fois par service pour tout vérifier. Quel sport!

14 décembre 2011

Rouget à la choucroute et une adresse de resto à Strasbourg

Je me suis toujours demandé pourquoi les pays les plus éloignés de la mer étaient si délicieusement doués pour la cuisine de poisson. Bien entendu, vous me parlerez de poissons de rivières, et en l'occurrence, il s'agit de cela dans le menu que j'ai dégusté ce soir-là, mais n'y-a-t-il pas un paradoxe à aller savourer de si merveilleux plateaux de fruits de mer dans une brasserie alsacienne ?

Lors de mon petit séjour à Strasbourg, mon guide m'a emmenée dans un Winstub après la fameuse soirée Années Folles. Elle avait les crocs, et moi non, puisque je venais de goûter à tout ! Mais la faim est revenue dans ce petit resto typique LE TIRE BOUCHON, à l'accueil chaleureux et aux manières sincères. Qui en plus, accueille tard, ce qui en province est une gageure.

J'y ai dégusté un sandre sur choucroute, vraiment bon, qui m'a redonné l'appétit… je conseille donc cette adresse...

 

 

WINSTUB LE TIRE BOUCHON

5 rue des Tailleurs de Pierre
67000 STRASBOURG

TEL. +33 (0)3 88 22 16 32

SITE INTERNET


Crédit photo : Le Tire Bouchon, et dessin de Claude Welsbuch


Pour dire que j'ai aimé, je m'en suis inspirée pour ce petit rouget:

ROUGET A LA CHOUCROUTE

Pour 4 personnes

8 filets de rougets
600g de choucroute crue légèrement rincée
½ verre de vin blanc sec
4 grains de poivre (Noir du Vietnam)
1 clou de girofle
6 baies de genièvre
20cl de crème fraîche
2 échalotes
1 bouquet de persil
15g de beurre
1cs d'huile
sel, poivre blanc du moulin (Penja)

Eplucher les échalotes. Laver et effeuiller le persil. Dans une casserole, faire fondre une échalote hachée avec le beurre, ajouter la choucroute juste rincée, ajouter les grains de poivre, clou de girofle et baies de genièvre. Mélanger, arroser de vin, couvrir, cuire doucement 15 minutes.

Faire chauffer la crème, l'échalote restante juste émincée et les feuilles de persil dans une petite casserole préalablement rincée à l'eau froide sans l'essuyer (cela empêche de coller). Saler, poivrer au poivre blanc. La porter une fois à ébullition, éteindre et laisser infuser.

Préchauffer le four à 200°c. Poser les filets sur une plaque allant au four recouverte de papier sulfurisé. Saler, poivrer au poivre blanc, arroser d'huile. Cuire 5-7 minutes.

Quand les filets sont cuits, servir le poisson sur la choucroute, arroser de crème.

06 décembre 2011

Une recette pour les fêtes : Le foie gras en cocotte, j’attends vos recettes faciles pour les faire ici !

Parce que dans la vie, la prise de tête est interdite au moment des fêtes, j'ai essayé de simplifier au plus la cuisson du foie gras. La gourmande que je suis ne se passera pas de foie gras encore cette année, c'est sûr, mais elle y ira en paresseuse. J'ai toute la famille qui débarque (sauf ma p'tit sœur qui reste Outre-Manche) et mine de rien, j'ai envie de profiter d'eux. Donc je ne passerai pas ma vie aux fourneaux comme les années précédentes, au contraire, tout sera simplissime. Si vous me suivez, je suis preneuse de vos recettes simples et gourmandes pour les fêtes, je les réaliserai à ma sauce et les publierai ici. Chiche ?

FOIE GRAS EN COCOTTE

Pour 6 personnes

1 foie gras pas trop gros (500-600g) froid
2 carottes
250g de salsifis
3 échalotes
5g de sel
2g de poivre noir du moulin
¼ cc de gingembre en poudre
1 cs de sirop d'Erable

Eplucher les légumes et les couper en tronçons de 3-4 cm en biais. Eplucher et émincer les échalotes dans le sens de la longueur.

Saler et poivrer le foie gras de tous côtés.

Chauffer une cocotte sans matière grasse. Quand elle est bien chaude, faire revenir le foie des deux côtés pour qu'il soit bien doré. L'égoutter, dégraisser la cocotte sans l'essuyer.

Faire revenir dans le gras résiduel les légumes, ajouter le gingembre et le sirop d'érable. Couvrir et laisser confire 20 minutes. Ajouter le foie gras, laisser finir de cuire feu éteint à couvert 10 minutes.

Servir aussitôt ou réchauffé (cela marche aussi ;-)) A servir avec une petite salade de mesclun.