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14 février 2012

Hôtel Thoumieux : pour la Saint-Valentin ?

S'il y a bien un lieu où j'aimerais amener mon amoureux pour la Saint-Valentin, c'est l'hôtel Thoumieux. Non parce qu'il y aurait ors et argents, parce que le faste y ferait concurrence au le luxe, mais bien au contraire parce que c'est le lieu idéal pour resserrer autour d'un couple, la tendresse et l'intimité de l'amour.

Je ne dirais pas que l'on est comme à la maison, je dirais que vivre chez Thoumieux, c'est vivre un chez soi idéalisé et merveilleux le temps d'une nuit. Tout n'est là que conte et merveilleux. C'est à la fois l'hôtel simple et accueillant de famille : un immeuble tout en hauteur, une entrée dérobée aux vues des passants, une petite porte vitrée, une monté d'escaliers étroite… Et cette impression de pénétrer dans une autre réalité à l'imagination débordante : un lustre étonnant et imposant qui vous montre le chemin de l'accueil, les motifs des meubles, des objets, en volutes ou croisillons, les matières: bois,  bronze, les couleurs...

Dès l'accueil, un petit salon où vous auriez déjà aimé vous installer, prendre le temps, soupirer auprès d'une petite lampe ou feuilleter un des livres de cuisine de Jean-François Piège. Un comptoir : plus un comptoir de bar qu'une réception, où déjà un sourire vous annonce que tout va pour le mieux, sans obséquiosité, sans précipitation forcée… Derrière vous, la douce lumière du restaurant qui ouvre sa salle spacieuse et aérienne.

Vient la clé : une clé traditionnelle, une ouverture de bronze, pas un de ces modèles impersonnels et industriels de magnétisme moderne. Une clé qui se tourne, et qui laisse la place à une chambre féerique, colorée et pourtant, si apaisante.

Car c'est bien cela que voulait Jean-François Piège en s'installant au 79 de la rue St Dominique : faire une auberge, une maison, complète, avec son hôtel, son restaurant, sa brasserie, un lieu où l'on se retrouve à vivre et non de passage… Et surtout un lieu où l'on se pose –j'oserais dire où l'on se « pause »… (sic)

Ne serait-ce qu'à l'entrée de la brasserie déjà : de grands canapés vous invitent à une station de confort, un instant pour oublier la rue, les bruits de la ville, la frénésie de Paris. De même quand vous traversez les couloirs de l'hôtel : vous vous retrouvez soudain dans l'antre d'un ancien paquebot, hors du temps, hors du siècle. Et pour renforcer cet hors du temps, Jean-François Piège a bien isolé les salles de la rue. On ne mange pas en vitrine, chez Thouieux, on est préservé du tourbillon de la ville. Comme dans un cocon, c'est l'impression prégnante que l'on a quand on s'installe dans cet hôtel.

A ce sentiment, y concourt fortement la décoration d'India Mahdavi, mêlant verts, bronzes, peaux de bêtes, oranges, et blancs immaculés. C'est une opulence de motifs floraux, végétaux, animaux, que viennent rompre par touches une note de couleur, un soupçon de romantisme, un élément de technologie, une lampe de guingois… La maison est La Maison, avec son confort, sa chaleur, mais aussi sa spontanéité et ses "maladresses". Une main des Maîtres de Maison a posé ça et là, les éléments d'une vie, pour que dès l'entrée, on se sente bien. Se mêlent alors des accès media, la gourmandise (un très joli coffret empli de petits biscuits maison m'attendait, au côté d'une généreuse bouteille de champagne), un côté pratique (une petite machine à expresso attend sagement dans le placard) et la poésie : une bougie n'attend que ma flamme.

Tout cela tend à faire de vous, non plus le client d'un hôtel, mais l'heureux occupant de votre chambre, que vous vous appropriez d'autant plus que la profusion vous offre à voir toujours un pan de votre goût, une émotion de votre personnalité. L'effet magique de cette abondance vous apaise et vous finissez par vite vous allonger sur le lit, ventre contre coussin, un livre à la main, une coupe sur le sol…

Alliance de modernité et d'une certaine nostalgie des salons du XIXème, vous vous lovez dans un nid coupé du monde. Il n'y a pas mieux pour se retrouver en couple, pour se reposer d'une visite de Paris ou pour oublier qu'on ne serait malheureusement que de passage…

Au matin je m'éveille dans le moelleux de coussins et de couette, affamée et impatiente… La lumière douce du jour transperce le blanc du store… et m'annonce un beau soleil d'hiver. J'irai faire une grande promenade…

A midi je mangerai au restaurant, et j'avoue : je suis frénétique à l'idée d'y aller. Mais m'attend une autre surprise : le petit déjeuner, dans l'immense salle de la Brasserie où j'ai dîné la veille. Et la générosité des produits ne se dément toujours pas : confitures artisanales, petits pots de yaourts à la vanille où le grain surnage (jadore!) et dont la matière est fondante et ferme. Un pain qui croustille, une viennoiserie à laquelle je résiste : il faut que je garde de l'appétit pour le déjeuner…

Bonne Fête à tous les amoureux…

HOTEL THOUMIEUX
79 rue St Dominique
75008 Paris

Prix de la chambre double: à partir de 250€

Merci à l'agence Lisa Kajita qui m'a permis de profiter de ce très agréable séjour.

27 janvier 2012

Carbonara de poireaux, un dîner chez Thoumieux, côté Brasserie

Je connais Thoumieux depuis l'enfance : cette brasserie de la rue St Dominique était un des fleurons de notre répertoire gastronomique dans la famille. Mais comme beaucoup d'institutions, le lieu avait décliné, et déjà, il y a quelques années, après y être retournée avec Arno pour lui faire découvrir mes institutions de gourmandises, j'avais été déçue. Bien entendu, je retrouvai le chat sur les banquettes, le ballet des serveurs, le rouge du velours. Mais l'esprit n'y était plus, l'esprit brasserie non plus, et les denrées étaient devenues piètres. Peut-être me direz-vous que je m'en faisais une image idéalisée telle que la réalité ne collait plus à mes espérances ? J'aurais pu le croire un moment.


La rue Saint-Dominique de nuit

C'était sans compter la reprise en main du lieu par Jean-François Piège (allez voir le nouveau site internet du lieu, il est magnifique et vient tout juste de sortir !). Invitée à séjourner une nuit et deux repas dans son antre (un grand merci à l'agence Lisa Kajita!) , nous avons commencé par la brasserie et j'avoue que j'ai là, retrouvé non seulement la magie que j'espérais, mais que la cuisine a bien surpassé mon image d'Epinal.


Un décor chaleureux et très esprit brasserie, revisité

Comment fonctionne ce lieu étrange qui rassemble au rez-de-chaussée une brasserie dans la pure tradition, et un restaurant gastronomique à l'étage ? Eh bien, d'excellents seconds en bas, une carte soigneusement élaborée par Jean-François Piège, récemment rejoint par le jeune pâtissier Jeffrey Cagnes (ah… son mille-feuille léger, point trop sucré, et si parfumé) et un Top Chef qui n'arrête pas de faire des allers-retours dans les escaliers pour visiter ses deux cuisines, s'assurer que tout roule et que tout ce qui sort au passe reste dans l'esprit de son exigence.


une salle aérée, conviviale, avec des sortes de ponctuations de mise en place

Du coup, on mange divinement bien à cette brasserie, et j'en veux pour preuve ce plat fondant et délicat que sont les Calmars Sauvages à la Carbonara qu'Arno a pris en entrée : un bonheur ! Les calmars sont cuits « De Peur », j'adore cette expression ! ce qui signifie qu'ils sont passés au four très chaud et juste saisis, comme s'ils avaient peur : dès que leur surface blanchit, vite, on les retire !


Ah les rillettes, ah le pain...

Mais bien avant de pouvoir goûter aux plats, une terrible tentation, voire deux arrivent sur la table : un pain délicieux, croustillant, et savoureux, accompagnée de beurre cru et de rillettes de sardines remises dans leur boîte… On reste dans une brasserie, mais une brasserie +++, qui s'est attachée les meilleurs produits.


La fameuse carbonara de calmars sauvages

Je ne sais pas vous, mais j'aime beaucoup me retrouver dans le brouhaha d'une brasserie. C'est une ambiance particulière où tout s'observe et où tout se croise. La Brasserie Thoumieux est de ce type : on y croise toutes sortes de personnes : deux américaines venues goûter une belle pièce de bœuf, un groupe d'amis fêtant une victoire, un couple isolé dans leur réciproque affection, des rendez-vous de travail, l'éternel team building d'un séminaire…

A ce propos, si comme moi, vous aimez observer et que vous êtes deux : la meilleure table pour cela, c'est celle qui fait le coin de banquette au fond à droite de la salle. A réserver impérativement, si vous voulez avoir la chance d'y passer la soirée. Sinon, laissez-vous bercer par un service adorable, attentif, souriant mais jamais compassé ou commercial (ce qui est super agréable !). Le conseil en vins est très bien dirigé, et la vaisselle est là pour vous rappeler qu'on est dans une maison qui se targue à très juste raison d'une signature !


L'emblème Thoumieux jusque dans les détails

A la maison, point de calamars, mais des poireaux, mais l'idée m'a tellement plus, que je me suis mise à la décliner … On retrouve d'ailleurs la recette de ces calmars et d'autres classiques du Chef dans le livre qu'il a sorti aux Editions Alain Ducasse :


Le livre de JF Piège où se trouve l'essentiel de ses recettes

PS : rassurez-vous, Jean-François Piège, qui n'a pas gardé le chat pour des raisons évidentes, l'a transmis à un vieil habitué de la maison, un sénateur mélomane et amoureux des chats !!!

CARBONARA DE POIREAUX FACON JF PIEGE

Pour 4 personnes

4 beaux poireaux avec un grand blanc
200g de lard fumé
1cc de paprika doux
60cl de crème liquide
3 gousses d'ail
sel, poivre noir du moulin
option : parmesan

Laver et couper les blancs de poireaux en lanières de 12cm de longueur. Les cuire à la vapeur 10 minutes (ils doivent rester vert). Les rafraîchir aussitôt pour fixer le vert.

Préparer la crème : découenné le lard, couper cette couenne en tronçons et la faire revenir avec le paprika dans une petite casserole. Ajouter l'ail en chemise juste écrasé, mouiller de crème et laisser épaissir à petits bouillons. Eteindre et laisser infuser. Rectifier l'assaisonnement en sel si besoin.

Couper le lard en petits lardons tout fins, les faire revenir sans graisse dans une poêle jusqu'à ce qu'ils soient blonds.

Mélanger les poireaux et la crème, réchauffer le tout doucement. Parsemer de lardons rôtis, assaisonner abondamment de poivre noir du moulin.


Le fameux escalier qu'arpente JF Piège plusieurs fois par service pour tout vérifier. Quel sport!

09 décembre 2011

Un petit week-end à Strasbourg ? (1) Je visite la ville… en gourmande !

Je suis allée à Strasbourg fin novembre, juste au moment où la ville commençait à préparer les fêtes de fin d'année. Cette ville est vraiment magique. Féérique je dirais. Cela faisait plus de 20 ans que je n'y étais pas passée, et franchement, la Cathédrale m'a sauté au visage de la même façon que dans mon souvenir, les ruelles m'ont replongée de la même façon dans l'ambiance de Noël, et j'ai passé une journée magnifiques.

Dans la journée, j'ai profité du beau temps pour faire le tour des boutiques :


La maison Christian

La maison Lorho, très très bon fromager


Le Crocodile, le restaurant de Philippe Borher


Comment annoncer la couleur : pain d'épices pour Noël !!!


Je voulais le même pour mes fenêtres, mais ma copine m'a dissuadée J


Le fameux sapin de la forêt vosgienne, dressé chaque année au centre de Strasbourg pour les fêtes


Les petites ruelles que j'ai vraiment aimées

C'est le moment d'acheter une couronne de l'Avent chez Christiane GROLL, 3 rue du Temple, Neuf, à Strasbourg . J'ai adoré cette fleuriste. Je l'ai découverte avec les décos qu'elle avait faite pour l'hôtel où la réception se déroulait. Elle allie romantisme et modernité, audace et esthétique… J'adore je vous dis !


L'entrée du Sofitel en costume de Père Noël ;-)

J'étais invitée à une soirée au Sofitel de Strasbourg, pour le lancement du livre de Pudlowski : Les Plus Belles Tables de France. Cet hôtel est le premier Sofitel ouvert en France. Il date de 1964 !!! Il est à la fois grandiose et cosy… Il vous accueille avec un hall immense, un escalier de princesse trônant au milieu, et s'ouvre sur un patio carré très agréable. J'y ai bu une coupe de champagne le soir très tard, en bavardant avec des amis, car ils fumaient. Même avec la température mordante, les torchères nous réconfortaient et c'était bien agréable de passer un peu de temps à l'extérieur et de profiter de ce moment… Sinon, on peut aussi s'installer dans les fauteuils moelleux face à la cheminée dans le Lobby ou aller boire un verre au Bar « le link » tenu par l'excellent Fabrice SCHMITT.

Vous savez, ces instants un peu magiques où une fête vient de se terminer et où les fêtes s'annoncent… Comme un laps de temps en suspens !

Car j'y suis aussi allée car Eric Barnerias avait migré du Scribe à Strasbourg le temps de la soirée, pour nous régaler de ses dernières gourmandises : de petits gâteaux toujours aussi savoureux, pas trop sucrés, légers (ce n'est qu'une illusion, rassurez-vous), et aux textures savamment étudiées…

J'avais donc tout plein de raisons d'y faire un aller-retour J

DEMAIN : la soirée…