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04 février 2012

Cookies au chocolat, tout chocolat

Petite spéciale dédicace à un ami qui prépare des cookies pour ses collègues de bureau… Ceux-là ne contiennent ni nougatine ni pépites de chocolat, mais des noix très franchouillardes et de bonne qualité, et un chocolat belge d'un artisan qui est un passionné des passionnés…

Ce que j'aime particulièrement dans le cookie, c'est que selon le degré de cuisson, il peut être une fois refroidi, très croquant ou encore un tout petit moelleux au centre ; Et moi, j'aime quand il reste un tout petit peu de moelleux… Avec les morceaux de chocolat, cela fait un joli contraste et c'est fondant de plaisir.

J'ai donc utilisé des noix du Périgord et du chocolat de chez Pierre Marcolini. Il faut absolument que je monte à Bruxelles voir son atelier : quand il vous parle de chocolat, il y a vraiment tout l'univers dans ses yeux. Il a cette façon bien à lui de vous faire rêver sur une gourmandise dont a priori, je ne raffole pas (dans le sens je ne me damnerais pas pour manger du chocolat, alors que je ne survivrais pas sans thé, par exemple). Il aime comme moi, les chocolats puissants, mais comme Arno et moi, il apprécie aussi un bon cigare. A ce propos, il y a un chocolat qui me rappelle ce type de dégustation : c'est son Oriente Cuba de Limited Edition (Carré2 Chocolat). C'est justement un chocolat extrême qui reste long en bouche, et cela, j'adore…

Donc, j'ai fait des cookies avec du bon chocolat… Certains vont m'insulter, mais je préfère manger un cookie fort en bouche qu'un petit palet de sucre aromatisé vaguement au chocolat et à la vanille… Cela donne donc cela :

COOKIES AU CHOCOLAT

Pour 12 cookies

170g de chocolat à cuire
100g de chocolat Marcolini extra noir
150g de sucre cassonade
120g de beurre à température ambiante
150g de farine
1 œuf
1cc de levure
1 cc de vanille en poudre
1 pincée de fleur de sel
50g de noix décortiquées

Concasser les noix au couteau. Concasser le chocolat Marcolini au couteau.

Faire fondre le chocolat à cuire à feu très doux. Battre le beurre et le sucre en pommade, ajouter la vanille, puis l'œuf. Ajouter le chocolat fondu. Bien mélanger.

Incorporer la farine et la levure. Ajouter les noix et le chocolat en morceaux.

Faire de petits tas bien espacés de pâte sur des plaques à pâtisserie éventuellement recouvertes de papier cuisson. Réserver au réfrigérateur au fur-et-à-mesure.

Préchauffer le four à 180°c. Enfourner 12 minutes. Sortir du four et laisser refroidir avant de démouler.

27 janvier 2012

Carbonara de poireaux, un dîner chez Thoumieux, côté Brasserie

Je connais Thoumieux depuis l'enfance : cette brasserie de la rue St Dominique était un des fleurons de notre répertoire gastronomique dans la famille. Mais comme beaucoup d'institutions, le lieu avait décliné, et déjà, il y a quelques années, après y être retournée avec Arno pour lui faire découvrir mes institutions de gourmandises, j'avais été déçue. Bien entendu, je retrouvai le chat sur les banquettes, le ballet des serveurs, le rouge du velours. Mais l'esprit n'y était plus, l'esprit brasserie non plus, et les denrées étaient devenues piètres. Peut-être me direz-vous que je m'en faisais une image idéalisée telle que la réalité ne collait plus à mes espérances ? J'aurais pu le croire un moment.


La rue Saint-Dominique de nuit

C'était sans compter la reprise en main du lieu par Jean-François Piège (allez voir le nouveau site internet du lieu, il est magnifique et vient tout juste de sortir !). Invitée à séjourner une nuit et deux repas dans son antre (un grand merci à l'agence Lisa Kajita!) , nous avons commencé par la brasserie et j'avoue que j'ai là, retrouvé non seulement la magie que j'espérais, mais que la cuisine a bien surpassé mon image d'Epinal.


Un décor chaleureux et très esprit brasserie, revisité

Comment fonctionne ce lieu étrange qui rassemble au rez-de-chaussée une brasserie dans la pure tradition, et un restaurant gastronomique à l'étage ? Eh bien, d'excellents seconds en bas, une carte soigneusement élaborée par Jean-François Piège, récemment rejoint par le jeune pâtissier Jeffrey Cagnes (ah… son mille-feuille léger, point trop sucré, et si parfumé) et un Top Chef qui n'arrête pas de faire des allers-retours dans les escaliers pour visiter ses deux cuisines, s'assurer que tout roule et que tout ce qui sort au passe reste dans l'esprit de son exigence.


une salle aérée, conviviale, avec des sortes de ponctuations de mise en place

Du coup, on mange divinement bien à cette brasserie, et j'en veux pour preuve ce plat fondant et délicat que sont les Calmars Sauvages à la Carbonara qu'Arno a pris en entrée : un bonheur ! Les calmars sont cuits « De Peur », j'adore cette expression ! ce qui signifie qu'ils sont passés au four très chaud et juste saisis, comme s'ils avaient peur : dès que leur surface blanchit, vite, on les retire !


Ah les rillettes, ah le pain...

Mais bien avant de pouvoir goûter aux plats, une terrible tentation, voire deux arrivent sur la table : un pain délicieux, croustillant, et savoureux, accompagnée de beurre cru et de rillettes de sardines remises dans leur boîte… On reste dans une brasserie, mais une brasserie +++, qui s'est attachée les meilleurs produits.


La fameuse carbonara de calmars sauvages

Je ne sais pas vous, mais j'aime beaucoup me retrouver dans le brouhaha d'une brasserie. C'est une ambiance particulière où tout s'observe et où tout se croise. La Brasserie Thoumieux est de ce type : on y croise toutes sortes de personnes : deux américaines venues goûter une belle pièce de bœuf, un groupe d'amis fêtant une victoire, un couple isolé dans leur réciproque affection, des rendez-vous de travail, l'éternel team building d'un séminaire…

A ce propos, si comme moi, vous aimez observer et que vous êtes deux : la meilleure table pour cela, c'est celle qui fait le coin de banquette au fond à droite de la salle. A réserver impérativement, si vous voulez avoir la chance d'y passer la soirée. Sinon, laissez-vous bercer par un service adorable, attentif, souriant mais jamais compassé ou commercial (ce qui est super agréable !). Le conseil en vins est très bien dirigé, et la vaisselle est là pour vous rappeler qu'on est dans une maison qui se targue à très juste raison d'une signature !


L'emblème Thoumieux jusque dans les détails

A la maison, point de calamars, mais des poireaux, mais l'idée m'a tellement plus, que je me suis mise à la décliner … On retrouve d'ailleurs la recette de ces calmars et d'autres classiques du Chef dans le livre qu'il a sorti aux Editions Alain Ducasse :


Le livre de JF Piège où se trouve l'essentiel de ses recettes

PS : rassurez-vous, Jean-François Piège, qui n'a pas gardé le chat pour des raisons évidentes, l'a transmis à un vieil habitué de la maison, un sénateur mélomane et amoureux des chats !!!

CARBONARA DE POIREAUX FACON JF PIEGE

Pour 4 personnes

4 beaux poireaux avec un grand blanc
200g de lard fumé
1cc de paprika doux
60cl de crème liquide
3 gousses d'ail
sel, poivre noir du moulin
option : parmesan

Laver et couper les blancs de poireaux en lanières de 12cm de longueur. Les cuire à la vapeur 10 minutes (ils doivent rester vert). Les rafraîchir aussitôt pour fixer le vert.

Préparer la crème : découenné le lard, couper cette couenne en tronçons et la faire revenir avec le paprika dans une petite casserole. Ajouter l'ail en chemise juste écrasé, mouiller de crème et laisser épaissir à petits bouillons. Eteindre et laisser infuser. Rectifier l'assaisonnement en sel si besoin.

Couper le lard en petits lardons tout fins, les faire revenir sans graisse dans une poêle jusqu'à ce qu'ils soient blonds.

Mélanger les poireaux et la crème, réchauffer le tout doucement. Parsemer de lardons rôtis, assaisonner abondamment de poivre noir du moulin.


Le fameux escalier qu'arpente JF Piège plusieurs fois par service pour tout vérifier. Quel sport!

17 janvier 2012

Farz Fourn ou Far Breton: premiers pas dans la cuisine bretonne des Abers


Le far doit faire des vagues, c'est normal. En fait, c'est comme une crêpe qui aurait gonflé et qui se dégonfle à la sortie du four. C'est très bon, bien beurré et plutôt léger en bouche. C'est aussi bien croustillant à la surface et moelleux à l'intérieur. Rien à voir avec ce que l'on nomme généralement Far dans le commerce…

C'est dans le pays très occidental d'un pirate que je plonge ma cuisine pour quelques temps. Un pirate dont j'ai fait la connaissance il y a quelques années, alors qu'il prenait à l'abordage l'une de mes recettes avec une invective de reproches sur ma méconnaissance de la période de frai du bar… Un pirate face auquel, moi qui ne suis guère courageuse, j'ai opéré un repli stratégique d'excuses nourries, et bien m'en a pris, car au long terme, il est devenu –du moins de mon point de vue, avec un pirate on ne sait jamais- un ami.

Bien entendu, je vous parle de Patrick de la Cuisine de la Mer. Je vous parle aussi de son pays : les Abers, dont il a une science assez impressionnante. Je me suis dit que j'avais tout à apprendre d'un breton aussi breton que lui, et qui, plus est, vit dans le ventre du monde, autant dire son centre : Lannilis.

Que je vous situe trente seconde la bourgade : Lannilis ? 5000 habitants, au nord de Brest ? un petit effort, voyons ! : sur la route de Roscof ? Sûrement inconnu au bataillon de la plupart du commun dont je fais partie, mais qui s'enorgueillit de posséder l'un des meilleurs boulangers qui soient...


Bon, moi ce ne sont pas des vagues, mais des raz-de-marée qu'il a fait mon far J

Je me suis aussi dit que la connaissance patricienne de la gente poissonnesque océanique me cultiverait un peu, moi pauvre "erre" (sic) d'une mer sans marée (dixit Patrick), que dis-je, d'une mare où batifolent trois quatre petits animaux mangeables alors que pouvait s'ouvrir à moi le panthéon gargantuesque des eaux sacrées de la Bretagne…

A part cela, Lannilis a fait grandir en son sein une génération de femmes de qualité, qui ont eu l'heur de se transmettre de belles recettes (dont celle-ci) jusqu'à leur rejeton. Tout pirate qu'il soit, Patrick sait aussi de temps en temps passer du côté obscur du sucré, de la pâte, de la gourmandise du moment qu'elle fût régionalement justifiée et surtout la meilleure de Bretagne, du monde quoi ! :-)

Ce n'est pas sans un certain trac que je me suis lancée dans une première recette, surtout que je n'apprécie pas généralement le far, mais comme le sieur revendique une texture et une saveur bien éloignées des ersatz que l'on goûte quand on est touriste, j'ai sauté à la baille… et je n'ai pas été déçue!


A la dégustation, les grains de la fleur de sel craquent sous la dent, alors que les raisins fondent et parfument de rhum le gâteau. Hmmmm, c'est délicieux.

FARZ FOURN ou FAR BRETON

Pour un moule à manquer de 18 à 20cm maxi

7 cs de farine T50
3 œufs
3 cs de sucre en poudre
150ml de lait entier
100g de beurre
2 cs de raisins blonds
5cl de rhum ambré
3 pincées de fleur de sel

Verser la farine dans une terrine, faire un puits, y casser les œufs. Avec une cuillère en bois, mélanger farine et œufs pour obtenir une pâte sans grumeaux. Puis pencher un peu la terrine, et battre la pâte avec la cuillère jusqu'à ce qu'elle soit bien élastique et très aérée (comme dans un pain, on exprime le gluten et l'air fera gonfler le gâteau).

Ajouter le sucre, battre jusqu'à ce qu'il soit fondu (on ne sent plus les cristaux). Incorporer le lait délicatement pour obtenir une sorte de pâte à crêpes un peu épaisse.

Faire tremper les raisins dans le rhum complété d'eau bouillante pour les couvrir.

Laisser le tout reposer 30 minutes.

Préchauffer le four à 200°c. Placer le beurre dans le moule et laisser fondre au four. Quand le beurre est fondu, pencher le moule pour tapisser de beurre toutes les parois. Ajouter les raisins égouttés et essorés à la pâte, puis la fleur de sel. Verser la pâte dans le moule, le beurre va surnager, le remuer juste un peu pour qu'il se répartisse sur la pâte.

Baisser le four à 180°c. Enfourner 25 minutes. Déguster tiède ou froid.

09 janvier 2012

Sirop de radis noir... rémiscences de l'enfance.

Rose de chez Thouieux
Photo prise à l'Hôtel Thoumieux (Paris 7)

Bon, soyons clairs, je commence l'année en beauté puisque je traine une bronchite carabinée depuis mercredi dernier. Une bronchite bien entendu, qui n'a pas vu de médecin, et qui n'en verra pas, puisque je les fuis généralement (mais je ne veux vexer personne, hein, soyons clairs...) jusqu'à être à l'article de la mort et trainée manu militari au colbac par Doudou Arno jusqu'au cabinet de consultations le plus proche. Mais là, franchement, pas besoin: je tiens encore un peu debout, j'arrive encore à écrire, ce serait donc dommage que je cède aux menaces puisque je peux encore un peu fonctionner!

Par contre, pour ce qui est de cuisiner.... :-(

Cela me rappelle cependant la manière très pragmatique dont ma grand-mère me soignait: non, je vous vois, là, au fond, sourire... Pas un grog et au lit. Non, non, elle soignait mes bronchites avec du radis noir. Je ne suis pas assez en forme pour me trainer jusqu'au biocoop d'à côté, mais je vais quand même vous donner la recette, des fois que, et s'il y a un médecin dans la salle pour nous éclairer sur le pourquoi et le comment le radis noir apaise la toux, je suis preneuse...

SIROP DE RADIS NOIR

Pour un sirop sans fin

1 radis noir, épluché et râpé
50g de sucre en poudre

Mélanger le tout, déposer dans une assiette, la recouvrir et laisser mariner au moins 2 heures. Récupérer le sirop au fur-et-à-mesure de la consommation.

Juste pour le goût, je pourrais être malade, mais il me faudrait mami et que je sois enfant!

06 janvier 2012

Maï Maï, le magazine des rondeurs, comme une galette...

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Non, en cette journée d'Epiphanie (ici pour la recette de la galette), je ne vous ferai pas le coup de la galette des rois, ni de la fève... quoique (et ici pour la recette de la pâte feuilletée express pur beurre).

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Je vous annonce la sortie d'un tout nouveau magazine: Maï-Maï, destiné aux rondes et à celles qui aiment les rondeurs. J'ai à mon petit niveau contribué à ce magazine avec mes recettes de deux façons, l'une légère, l'autre tradi. Et je suis très heureuse que ce magazine voit enfin le jour (il manquait à l'appel de la plétore de journaux qui sortent chaque années).

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Vous pouvez nous soutenir en vous "abonnant" à la page FB de Maï-Maï, et souhaiter pour la nouvelle année, qu'un journal aussi différent pour de vraies femmes avec de vraies femmes propère dans ce monde de normatifs!

Bise à tous...

Ah, et au fait: BONNE ANNEE ;-)

Comment cela, je suis remontée?!!! je ne comrpends pas ce qui vous fait dire cela... ^^