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17 janvier 2012

Farz Fourn ou Far Breton: premiers pas dans la cuisine bretonne des Abers


Le far doit faire des vagues, c'est normal. En fait, c'est comme une crêpe qui aurait gonflé et qui se dégonfle à la sortie du four. C'est très bon, bien beurré et plutôt léger en bouche. C'est aussi bien croustillant à la surface et moelleux à l'intérieur. Rien à voir avec ce que l'on nomme généralement Far dans le commerce…

C'est dans le pays très occidental d'un pirate que je plonge ma cuisine pour quelques temps. Un pirate dont j'ai fait la connaissance il y a quelques années, alors qu'il prenait à l'abordage l'une de mes recettes avec une invective de reproches sur ma méconnaissance de la période de frai du bar… Un pirate face auquel, moi qui ne suis guère courageuse, j'ai opéré un repli stratégique d'excuses nourries, et bien m'en a pris, car au long terme, il est devenu –du moins de mon point de vue, avec un pirate on ne sait jamais- un ami.

Bien entendu, je vous parle de Patrick de la Cuisine de la Mer. Je vous parle aussi de son pays : les Abers, dont il a une science assez impressionnante. Je me suis dit que j'avais tout à apprendre d'un breton aussi breton que lui, et qui, plus est, vit dans le ventre du monde, autant dire son centre : Lannilis.

Que je vous situe trente seconde la bourgade : Lannilis ? 5000 habitants, au nord de Brest ? un petit effort, voyons ! : sur la route de Roscof ? Sûrement inconnu au bataillon de la plupart du commun dont je fais partie, mais qui s'enorgueillit de posséder l'un des meilleurs boulangers qui soient...


Bon, moi ce ne sont pas des vagues, mais des raz-de-marée qu'il a fait mon far J

Je me suis aussi dit que la connaissance patricienne de la gente poissonnesque océanique me cultiverait un peu, moi pauvre "erre" (sic) d'une mer sans marée (dixit Patrick), que dis-je, d'une mare où batifolent trois quatre petits animaux mangeables alors que pouvait s'ouvrir à moi le panthéon gargantuesque des eaux sacrées de la Bretagne…

A part cela, Lannilis a fait grandir en son sein une génération de femmes de qualité, qui ont eu l'heur de se transmettre de belles recettes (dont celle-ci) jusqu'à leur rejeton. Tout pirate qu'il soit, Patrick sait aussi de temps en temps passer du côté obscur du sucré, de la pâte, de la gourmandise du moment qu'elle fût régionalement justifiée et surtout la meilleure de Bretagne, du monde quoi ! :-)

Ce n'est pas sans un certain trac que je me suis lancée dans une première recette, surtout que je n'apprécie pas généralement le far, mais comme le sieur revendique une texture et une saveur bien éloignées des ersatz que l'on goûte quand on est touriste, j'ai sauté à la baille… et je n'ai pas été déçue!


A la dégustation, les grains de la fleur de sel craquent sous la dent, alors que les raisins fondent et parfument de rhum le gâteau. Hmmmm, c'est délicieux.

FARZ FOURN ou FAR BRETON

Pour un moule à manquer de 18 à 20cm maxi

7 cs de farine T50
3 œufs
3 cs de sucre en poudre
150ml de lait entier
100g de beurre
2 cs de raisins blonds
5cl de rhum ambré
3 pincées de fleur de sel

Verser la farine dans une terrine, faire un puits, y casser les œufs. Avec une cuillère en bois, mélanger farine et œufs pour obtenir une pâte sans grumeaux. Puis pencher un peu la terrine, et battre la pâte avec la cuillère jusqu'à ce qu'elle soit bien élastique et très aérée (comme dans un pain, on exprime le gluten et l'air fera gonfler le gâteau).

Ajouter le sucre, battre jusqu'à ce qu'il soit fondu (on ne sent plus les cristaux). Incorporer le lait délicatement pour obtenir une sorte de pâte à crêpes un peu épaisse.

Faire tremper les raisins dans le rhum complété d'eau bouillante pour les couvrir.

Laisser le tout reposer 30 minutes.

Préchauffer le four à 200°c. Placer le beurre dans le moule et laisser fondre au four. Quand le beurre est fondu, pencher le moule pour tapisser de beurre toutes les parois. Ajouter les raisins égouttés et essorés à la pâte, puis la fleur de sel. Verser la pâte dans le moule, le beurre va surnager, le remuer juste un peu pour qu'il se répartisse sur la pâte.

Baisser le four à 180°c. Enfourner 25 minutes. Déguster tiède ou froid.

02 janvier 2012

Nougat glacé au Turon Jijona ou helada de Turon

Comme je vous l'avais dit, dans l'élaboration de mon menu de Noël, j'avais envisagé de faire un nougat glacé. Je me suis basée sur la recette de Pascale, mais j'ai changé de nombreux ingrédients, notamment par le Turon Jijona à tomber que mon frère m'a rapporté de catalogne. Le turon Jijona est un turon particulier qui s'éloigne du nougat traditionnel. C'est un travail des amandes, dans ce qu'elles contiennent d'huile et de fibres, mêlées au miel et au blanc d'oeuf. Le résultat n'est pas loin du halva. Il est riche et doux, friable et fondant à la fois. C'est ma véritable gourmandise de Noël avec les polvorones, ces petits sablés extrêmement friables enveloppés dans un petit papier. Ce sont des souvenirs précieux des années où j'ai vécu en Espagne, et je suis heureuse que mon frère ait prolongé cette tradition en m'apportant de sa Catalogne, des produits d'une grande qualité.

Le turon qu'il m'a apporté provient d'un artisan : Planelles Donat, reconnu pour la qualité de son travail et des produits qu'il utilise. Son Xixona (on l'écrit ainsi en Catalan), est tendre, fondant, friable et contient de petits morceaux torréfiés d'amandes d'excellente qualité. C'est le Turon Granulat.

NOUGAT GLACE AU TURON JIJONA OU HELADA DE TURON

Pour 10 personnes

35cl de crème fraîche liquide très froide
3 blancs d'œufs
100g de miel liquide
80g de sucre en poudre
2cl d'eau
150g de Turon jijona
70g de Turon Duro
Coulis :
250g de fruits rouges
3cs de sucre en poudre
1 citron

Préparer une meringue italienne : Verser le miel, le sucre et l'eau dans une casserole et porter à ébulltion. Pendant ce temps, battre les œufs en neige. Quand ils commencent à faire un bec d'aigle, verser progressivement tout en continuant de battre, le sirop de miel bouillant. Continuer de battre le mélange jusqu'à ce qu'il devienne quasiment froid. Il est plus aisé de faire cette opération au robot, bien sûr qu'avec des fouets électriques, mais cela est possible.

Couper le turon Jijona en petits cubes, et concasser le turon duro en miettes.

Battre la crème fraîche en crème montée.

Mélanger la meringue italienne, la crème montée et les nougats. Verser le tout dans un moule en silicone ou tapissé de papier sulfurisé. Congeler une nuit.

Préparer le coulis en mixant les fruits avec le sucre et le jus du citron. Réserver au frais, à couvert.

Servir une tranche de nougat par personne accompagné de coulis.

 

22 décembre 2011

Recette des pancakes et Concours Gamm Vert, Sens du Terroir, le gagnant !

Pancakes

Grosse panique ce matin : à 6h, alors que j'accueille depuis hier soir mon frère, ma belle-sœur et mon neveu, Doudou Arno débarque dans la chambre en déclarant d'un air tragique : « Yapudpain, Keskejmange ! » Ah ! le crie désespéré de l'estomac matinal… Ah ! le drame existentiel du ventre endormi…

Je me suis tournée vers le pancake, rapide, facile et délicieux pour consoler ma maisonnée et en tout premier lieu, cet animal rachitique de Doudou, n'est-ce pas ? qui ne mange jamais, qui est extrêmement malheureux et qui ne vit pas avec un cuisinier 24h sur 24h et à qui on ne prépare jamais à manger ? J

Mais que cela ne nous détourne pas de notre concours : merci d'avoir participé et de vos jolis commentaires sur ce cake à la violette, fameux cake disparu dans le ventre du sus-dit malheureux qui n'a jamais de petits-déjeuners dignes de ce nom…

Le gagnant, ou plutôt la gagnante est Cricridam ! Bravo à toi, je t'envoie vite un petit mail pour obtenir tes coordonnées…

PANCAKES

Pour 6 personnes

3 œufs
2cs de beurre fondu
2 cs de sucre roux
200g de farine
2cc de levure chimique
20cl lait

Mélanger les œufs, le beurre et le lait dans un bol. La farine, la levure et le sucre dans un second. Faire un puits dans ce deuxième bol, verser le mélanger liquide, mélanger. S'il y a des grumeaux, c'est pas grave.

Chauffer une poêle à crêpe, la graisser un peu avec un tampon d'huile n eutre, cuire les pancakes en versant une cuillérée à soupe de mélange pour chaque pancake.

Laisser la surface créer des bulles, quand les trous se forment, retourner le pancake et le laisser finir de cuire 30 secondes.

Servir chaud, avec une noix de beurre et du Mapple sirup (sirop d'érable) ou comme chez nous, un peu de marmelade.

01 novembre 2011

Clafoutis aux girolles

Clafoutis aux girolles 1
Pour mon Papi et nos souvenirs...

Au moment où je vous écris (lundi matin), il fait beau. Et quand il fait beau, je me transporte dans mon Loiret d'enfance, dans les sous-bois couverts de bruyères et de feuilles rousses. Je me promène avec mon grand-père, à la chasse aux girolles, aux premiers frimas du matin, vite effacés par la tiédeur d'un automne qui ne veut pas d'hiver... Le moustique est de l'invitation. Il exprime encore toute sa vigueur: lui a des oeufs à pondre avant sa fin pendant que nous, prauvres ères ramasseurs de champignons, cherchons aux carrés de bois à nous seuls connus, les petites merveilles jaunes aux saveurs de mirabelles... La girolle sera pour toujours, grâce à papi, mon champignons préféré!

Clafoutis aux girolles

CLAFOUTIS AUX GIROLLES

Pour 6 personnes

250g de girolles
4 oeufs
80g de farine complète T80
50g de beurre
25cl de lait entier
1 petit bouquet de fines herbes (ciboulette ou estragon pour plus d'originalité)
sel, poivre

Essuyer les girolles, couper celles qui sont trop grandes.

Préchauffer le four à 210°c.

Battre les oeufs en omelette, ajouter le lait, saler, poivrer. Incorporer la farine jusqu'à ce que le mélange soit bien lisse. Ajouter le lait petit à petit puis les herbes ciselées.

Beurrer un moule à manquer ou un plat en terre. Etaler les girolles. Verser dessus le mélange à clafoutis. Parsemer de petits morceaux de beurre.

Enfourner 30 minutes. Servir chaud ou froid... avec une petite salade.

13 octobre 2011

CASA BARILLA: dernière à Besançon, Soupe au pistou et trofie

Soupe au pistou

Il n'y a pas de raison que je ne finisse pas par vous parler de mon dernier week-end BARILLA à Besançon! Cette fois-ci avec une petite recette très tradi: la soupe au pistou. J'ai juste remplacé les éternels macaroni par des trofie que j'adore.

Sinon, pour venir cuisiner des pâtes: BESANCON, vendredi 14 17h-22h , samedi 15 10h-22h , dimanche 16 octobre 10h-17h, sur la PLACE DE LA REVOLUTION, cours de cuisine et concours de chefs, tout le programme ici!

Il paraît que la ville est super jolie (c'est la première fois que j'y vais). J'espère que certains d'entre vous y seront pour me dire ce qu'il faut que je vois entre deux recettes ;-)

SOUPE AU PISTOU

Pour 6 personnes

2 carottes
2 pommes de terre
1 courgette
1/2 radis noir
1 branche de céleri
100g de haricots verts surgelés
100g de petits pois surgelés
2 tomate pelées et concassées
1 oignon
1 clou de girofle
4 gousses d'ail
100g de haricots lingots trempés une nuit
100g de pâtes type macaroni ou trofie
1 bouquet de basilic
50g de pignons de pin
60g de parmesan
6cl d'huile d'olive extra vierge

Dans une casserole d'eau non salée, porter à ébullition les haricots pendant 15 minutes. Egoutter.

Eplucher les légumes sauf les courgettes. Piquer le clou de girofle au "cul" de l'oignon. Couper les carottes en petits cubes, ainsi que les pommes de terre et le radis. Emincer le céleri en lamelles.

Dans une grande cocotte contenant 3 litres d'eau bouillante, plonger les carottes, les pommes de terre, les haricots lingots, le radis, le celeri, l'oignon, 2 gousses d'ail et les tomates. Cuire le tout à petit bouillon pendant 30 minutes.

Pendant ce temps, préparer le pistou en mixant les deux gousses d'ail restant, les pignons, le basilic effeuilé, le parmesan et l'huile d'olive tout ensemble.

Quand les légumes sont cuits, ajouter les pâtes, les haricots verts coupés en biais d'une longueur de 3 cm, et les petits pois. Cuire 10 minutes.

Servir la soupe surmontée d'une belle cuillérée de pistou.