Le Grand Business des Plantes: le Je Dis des livres et la COP 21

Le grand business des plantes de Florence Thinard

A l’heure de la COP 21 largement masquée par les derniers événements parisiens, j’aurais voulu t’inviter à rejoindre les marches du 29 novembre et du 12 Décembre, mais elles n’auront pas lieu. Alors, même si les associations cherchent et regorgent d’idées pour faire valoir leurs voix, je voudrais te parler d’un livre et d’une pub.
Positivement, d’un livre d’abord: le très édifiant Grand Business des Plantes qui est sorti aux éditions Plume de Carottes et qui a été écrit par Florence Thinard. D’une lecture facile et extrêmement instructive, les 24 fiches de végétaux les plus consommés dans le monde te brossent le portrait d’une industrie incroyablement terroriste, autant dans son irresponsabilité que dans son inconscience, destructrice et avide. Si tu n’étais pas déjà locavore et anti-capitaliste, ce livre « t’aidera » à le devenir tellement le tableau peint du système selon lequel va le monde t’abasourdit.

Rien n’est oublié dans ce livre passionnant: la guerre de la banane, la consommation en eau d’un litre de jus d’orange (de quoi ne plus en boire, je t’assure), la mafia du bois, les subventions atterrantes du maïs, la piraterie des brevets bio, l’intoxication des animaux au soja et au maïs.

A lire absolument pour savoir de quoi on parle.

defi-veggie-climat

Ce n’est pas cette affiche que j’ai vue, mais c’est dans l’esprit, sachant que c’est le système qu’il faut changer, et que manger une semaine de tomates sous serre en hiver ne va pas aider le climat du tout. Ou est l’éducatif dans tout cela?

En regard de ce livre et selon mes convictions personnelles, voici un coup de gueule. Je précise que je n’ai absolument rien contre les végétariens, que même si je mange de la viande, je milite pour une viande de très haute qualité et des animaux heureux de vivre, que même si je trouve que d’un point de vue santé, être végétalien, ce n’est pas la panacée, j’ai encore bondi l’autre jour face à une affiche de l’Association Végétarienne de France. Ils avaient frappé fort déjà au moment de la dernière fête des mères pour faire dire à une vache en 4 par 3 qu’elle rêvait de voir grandir son bébé, sans vouloir penser trente secondes que ni la vache ni le veau a fortiori, n’existeraient si on ne consommait pas leur lait/viande, leur politique douteuse exploitant l’anthropomorphisme et la sensiblerie pour te faire pleurer avant d’entamer ton steak (va savoir pourquoi, mais la démagogie ça me fait hurler!). Mais la dernière affiche, se pressant de passer les habits insidieux et faux de la grande cause environnementale Cop 21, faisant dire toujours en 4 par 3, que manger une semaine entière du végétal est bon pour la planète est tellement vicié, que je ne peux que dire: merde, tu ne peux pas utiliser une autre argumentation que le green washing pour me faire manger des fruits, des légumes et des céréales?!!! Surtout quand tu penses 30 secondes à l’agro-industrie de ces denrées (si tout le monde mange végé demain, il n’y aura pas assez de bio pour les nourrir, tu le sais, ça? non?)? Tu ne crois pas qu’au contraire lutter contre le système de manière durable ne demande pas autre chose que de la mièvrerie? Que l’éducation passe par autre chose que le coup de poing inutile, sectaire et clivant. Cela me fait penser à cette veggie américaine qui avait posté sur mon facebook un cochonnet sous blister pour m’insulter d’assassin, alors qu’au fin fond de la Californie elle enfourchait fièrement sur son propre réseau des pastèques géantes sans jamais réfléchir à la quantité d’eau qu’elle consommait, aux mexicains qu’elle tuait en les sous-payant pour la récolte et aux terres arides de la Californie du centre qu’elle condamnait à la fin hydraulique!

Voilà, c’est dit.

Lis ce très bon livre, si tu cuisines ou si tu t’intéresses un tout petit peu à ce qui se trouve dans ton assiette (où au jean que tu portes d’ailleurs), ouvre Le Grand Business des Plantes (Richesse et Démesure) de Florence Thinard.

LE GRAND BUSINESS DES PLANTES
Florence Thinard
Editions Plume de Carotte
29€

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There are 2 comments

  1. Jérémy

    Bonjour, je ne vois pas ce que vous voulez dire par « si tout le monde mange végé demain, il n’y aura pas assez de bio pour les nourrir ». Sachant qu’un kilo de pastèque demande environ 850 litres d’eau et qu’un kilo de porc en demande 5000 (lui-même mange des végétaux, et il y a des pertes…). Je suppose que sous-payer des mexicains n’est certes pas souhaitable, non plus que de publier des photos de cochons sous blister. Par ailleurs si vous vous renseignez un minimum vous constateriez en effet qu’un végétarien roulant en 4×4 consomme moins qu’un carnivore en vélo…
    Signé : un carnivore en train de basculer du côté obscur, en partie grâce à vous.

    1. Anne Demay-Reverdy

      Cher Jérémy,
      Je vais éclairer ta lanterne : il n’y a en effet pas assez de terres arables pour nourrir toute la planète, et des terres converties en bio, encore moins (je ne te cite pas de chiffres, tu as l’air très bien renseigné). Par contre, il est savoureux dans ta réponse, de constater que tu considères le végétarisme comme un « côté obscur » plutôt que comme un choix de vie personnel motivé par un système de valeurs louable et éthique. Que tu aies besoin de préciser que c’est en partie « grâce à moi/nous », cela me surprend venant de quelqu’un qui paraît si combatif: voilà un moteur bien fragile qui a besoin d ‘un ennemi pour exister! Dois-je comprendre que tu roules peut-être en 4*4 pour que tu ailles citer ce contre-exemple (ton ego en avait sûrement besoin) et que tu considères la qualité de vie ou la mort d’un Mexicain ou d’ailleurs l’assèchement des ¾ de la Californie (pour quelques pastèques) comme quantité négligeable? Je pourrais m’appesantir sur l’espoir que tu contrôles bien la manière dont tu consommes du jus d’orange (si tu en consommes), la manière dont tu choisis tes produits laitiers et tes ovoproduits (si tu es végétarien, tu en consommes normalement), et dont tu vérifies bien la provenance de tous les végétaux que tu manges au quotidien. Quant à ton militantisme à mon égard, permets moi de te dire qu’il lit de travers ce que je dis, mais je vais décrypter puisque tu n’as pas compris : le système doit changer, que tu sois végétarien ou multivore, car quel que soit ton orientation et tes choix, les dérives sont telles qu’elles nous poussent dans le mur. Et ce n’est pas en s’opposant les uns les autres avec des arguments d’ayatollahs qu’on arrivera à sauver la planète!
      Très bonne journée

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