Pêcheurs du Vietnam:le village de Mui Ne et une recette facile de couteaux
Mui Ne n'est pas qu'une station balnéaire peuplée de Russes en goguettes et d'expatriés européens venus se reposer de Saïgon pour le week-end. Au bout de la baie, s'étale un village -assez grand d'ailleurs- et une activité quotidienne de pêche et de commerce.
Moi sur l'escalier du port, accès à la plage
Avec Arno, nous sommes descendus sur le port qui est en fait une plage. Ce n'est pas un port comme nous l'imaginons: quais, criée, place...
Les bateaux multicolores dans l'embouchure d'un fleuve à Phan Thiêt
Ici, les bateaux envahissent littéralement les embouchures, les fonds de baie, amarrés au sable, si proches de la terre qu'ils doivent bien toucher le fond.
Quand nous sommes arrivés et que notre guide vietnamien nous a fait signe (il ne parle pas anglais) que l'on devait traverser la route et descendre en contre-bas, j'ai été étonnée. D'autant que de l'autre côté d'une sorte de rambarde en pierre, il y avait un très grand escalier rejoignant la rive.
La plage est littéralement tapissée de coquilles de noix de pétoncles. Les femmes attendent avec leur panier en plastique coloré, assises sur leurs talons, que le bateau livre ses filets. Une petite barque ronde accoste, le butin est versé directement sur la plage, et le tri commence, affairement de chapeaux coniques penchés sur la marée du jour: des calamars, de petits poissons plats, des coquillages... Pêche pauvre et de banc de sable.
Une vieille femme est passée devant nous -nous sommes les seuls occidentaux, les seuls touristes à être descendus... Elle nous dévisage, petits yeux surpris, par en dessous. Curiosité ou méfiance: je me sens juste mal à l'aise avec mon appareil photo et ma curiosité.
On ne le voit pas bien mais le peintre est juché sur un tabouret dans l'eau!!!
Quelques marins nettoient et entretiennent la coque de leur bateau, à demi-au sec tout au bord du rivage.
Il faut que je vous parle des barques: elles sont rondes. Tressées de palmes, enduites à l'intérieur d'un imperméabilisant naturel, elles avancent grâce au pêcheur qui godille en avant.
Le matin, lorsqu'on prend le petit déjeuner assez tôt, on voit les barques soit accoster sur la plage de l'hôtel avec leur pêche, soit rentrer au port de Mui Ne tirées par un petit bateau moteur: on dirait un petit collier de perles au loin.
Rentrée au port en collier de barques...
COUTEAUX EN PERSILLADE
Voici une recette très facile de couteaux. C'était la première fois que j'en faisais -la première fois aussi que j'en voyais sur un marché parisien... Il faut les acheter vivants (il se ferme dès qu'on les touche), c'est la garantie de leur fraîcheur. Il ne faut pas les cuire trop, non plus, sinon, ils deviennent caoutchouteux.
Pour 2 belles assiettes
1l de couteau (un filet)
2 gousses d'ail
1 bouquet de persil
1 cuillère à soupe d'huile d'olive
sel, poivre
1 poignée de gros sel
Rincer abondamment les couteaux. les faire tremper dans une bassine d'eau froide salée au gros sel pendant 1/2 heure.
Éplucher et hacher au couteau l'ail. Laver, sécher et émincer le persil.
Dans une sauteuse ou un wok, chauffer l'huile. Faire revenir l'ail. Égoutter les couteaux. Les jeter d'un coup dans la sauteuse et cuire les couteaux en remuant de temps en temps pas plus de 10 minutes. Ajouter le persil à mi-cuisson et finir de cuire. Servir chaud avec le jus rendu des couteaux.
PS: Patrick va me tuer mais ils un petit goût de noisette comme cela ;-)
Ta recette a fait ressurgir d'heureux souvenirs d'enfance, comme cette partie de pêche sur le bassin d'Arcachon, où nous avions ramassé des couteaux (de mémoire on saupoudrait le sable de sel pour les faire sortir...) !
Recette simple et efficace comme je les aime !
Bonne continuation,continue de nous régaler de ton voyage et des recettes qui l'illustrent si bien !
Ps : As-tu résolu le mystère des coquillages de ton ancien message ? Moi je sèche toujours...
Rédigé par : Florence | 31 mars 2010 à 08:54
@Flo: les coquillages: voir le commentaire de Patrick il y a deux jours. Pour les couteaux, je suis une fille de la méditerrannée, la pêche à pied est un mythe pour moi inaccessible ;-) Merci pour le compliment, j'essaie de partager mes découvertes en toute simplicité!
Rédigé par : Anne Demay | 31 mars 2010 à 09:39
Ah oui si c'est bien des olives de mer ou ormeaux, j'ai déjà mangé des produits de la Pampolaise qui proposait un mélange à base d'ormeaux sauvages et de tacauds... Cela dit, je ne pense pas que ce soit la meilleure manière de se rendre compte du goût, en attendant c'est un vrai régal ! C'est marrant, quand j'ai vu ta question je me suis dit qu'un spécialiste des produits de la mer tel que lui pourrait peut être t'éclairer ! je ne sais pas qui de sa prose ou ses recettes je préfère ! Cela dit je ne lui ai jamais laissé de message tant je me sens inculte en matière de petites bêtes qui nagent !!!
Rédigé par : Gourmandises Chroniques | 31 mars 2010 à 15:00
@Gourmandises: n'hésite pas à lui dire même ce que tu penses, Patrick est quelqu'un de très sympa (ses écrits, ses recettes et sa personne comprise) ;-)
Rédigé par : Anne Demay | 31 mars 2010 à 15:42
Je confirme la technique pour la pêche au couteau
on repère les trous dans le sable ou les couteaux se sont enterrés a marée descendante et on saupoudre de sel pour leur faire croire que la marée est remonté ce qui les fait revenir a la surface du sable...
Le couteau est bien naïf....
Rédigé par : Arnaud | 31 mars 2010 à 16:32
Je te retrouve après le Sirest et suis ravie d'avoir cette recette de couteaux... quand j'en mange en Italie je me régale et moi, je ne les réussis pas très bien. Je vais tester TA façon qui me plaît.
Rédigé par : mamina | 11 avril 2010 à 21:22
@Mamina: tu verras, c'est très simple mais cela garde parfaitement la saveur des couteaux. A bientôt j'espère!
Rédigé par : Anne Demay | 12 avril 2010 à 09:32