Coquilles Saint-Jacques au beurre safrané et endives à l'orange
On est toujours en pleine saison de la coquille Saint-Jacques: il faut en profiter. Elle n'est pas excessivement chère et quand on l'achète vivante, elle récompense le cuisinier grâce à sa saveur douce et son moëlleux incomparable.
Pour l'ouvrir, se munir d'un couteau à fine lame (type couteau à viande ou mieux, filet à sole) et glisser la lame le long de la coquille plate, du bord rond à la valve (on coupe ainsi de manière très nette la partie de la noix qui y est accrochée. Ensuite, ôter la noix en glissant dessous une cuillère à soupe (c'est la manière la plus simple de la détacher sans l'abîmer) ou avec le même couteau. "Eplucher la noix en ôtant tout ce qui l'entoure: corail, barbes, petit muscle blanc dur sur le côté, estomac noir) en glissant le pouce entre la sorte de peau très fine et tansparente qui l'entoure et la noix et en faisant le tour de la noix ainsi (tout se détache très aisément). Bien rincer la noix et la poser sur un papier absorbant.
La noix est prête à être cuisiner. Si vous avez des scrupules à jeter le corail (qui entre nous n'a de valeur que sa couleur, vous pouvez en colorer une chantilly salée ou le travailler aprèrs cuisson, avec du beurre ramolli, cela fait un excellent apéro sur une tanche de pain grillée). En ce qui concerne les barbes, reportez-vous à la recette Coquilles Saint-Jacques au crémé de barbillons, vous aurez ainsi l'impression de ne pas gâcher la denrée.
Pour cette recette, j'ai utilisé du safran du Gâtinais (qui n'est pas très loin de ma région d'origine). Il a l'avantage d'être très long, très coloré -il est séché au feu de bois- et d'être très puissant mais plus rond en saveurs que celui du sud de l'Europe. Il demande cependant une durée d'infusion pour libérer tous ses arômes et sa couleur, n'hésitez pas à commencer la sauce le matin pour le soir et de ne la beurrer qu'au moment de servir, cela n'en sera que meilleur.
Sinon: la recette est très rapide à réaliser (1/4 d'heure pour les plus agueeris) et peut attendre les quelques gestes au dernier moment avant de servir.
COQUILLES SAINT-JACQUES AU BEURRE SAFRANE ET ENDIVES A L'ORANGE
4 endives
12 noix de Saint-Jacques
2 oranges non traitées
2 échalotes
12 filaments de safran (plus quelques-uns pour décoration ou de l’aneth)
10 cl de vin blanc
4 cl de Grand Marnier
250 ml de fumet de poisson (1/2 cc)
15 gr de beurre + 100 gr de beurre
Huile
Eplucher les endives.
Zester et presser 1 orange.
Peler à vif la 2nde orange et en détacher les quartiers.
Eplucher les échalotes.
Emincer les endives finement et les faire revenir à feu doux sans coloration dans 15gr de beurre. Ajouter le zeste et le jus d’orange. Couvrir d’un papier sulfurisé et laisser fondre.
Emincer finement les échalotes. Les faire réduire avec le Grand Marnier, le vin blanc, presqu’à glace. Déglacer avec le fumet de poisson, ajouter le safran. Laisser réduire de moitié. Laisser infuser le plus longtemps possible avant de filtrer au chinois.
Au dernier moment: Réduire à 5cl environ. Monter au fouet avec 100gr de beurre très froid coupé en petits cubes. Rectifier l’assaisonnement. Si vous avez bien fouetter, l'émulsion tient au bain-marie le temps de se préparer, recevoir ses invités et de prendre l'apéritif (2h environ). N'hésitez pas à laisser le fouet dans la casserole, et à fouetter un peu dès que vous passez devant, ce sera encore mieux...
Au moment du service, saler, poivrer et poêler les Saint-Jacques dans une poêle antiadhésive légèrement huilée. Surtout, ne pas trop la cuire -elle se sert bien chaude mais encore translucide à coeur-. Donc 1 minute de chaque côté pour une noix de 2 cm, 2 minutes si 3 cm. L'ôter de la poêle sur une assiette et couvrir le temps du dressage.
Dans des assiettes chaudes, placer les endives au centre, une rosace de 3 Saint-Jacques, quelques quartiers d’orange, entourer de sauce. Décorer d’aneth ou de filaments de safran.
A BOIRE: un Musact sec d'Alsace, un Chardonnay de Bourgogne (Chablis par exemple), en tout cas un vin blanc sec mais fruité...